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Lettre de Décembre 1999

Décembre

mercredi 1er décembre 1999, par Alain


LA LETTRE de DECEMBRE 99
No : 49

Sommaire :
-Editorial : ONU et UIT

- CSDPTT en bref 

- Coalition anti-TELMEX au Mexique

- Lancement de Globalstar

- Nouvelle numérotation en Côte d’Ivoire

- En bref ( Brésil, téléphonie mobile en Afrique, Iridium en Afrique, Congo,

- Japon, Jordanie)

- Les Tribulations de deux niçois au Burkina Faso : Acte 1er
(première partie d’un reportage sur la mission de deux adhérents au Burkina

- Faso en septembre 1999


ONU et UIT
Telecom 99 a connu un vif succès. 200000 visiteurs sont venus admirer les
dernières nouveautés en matière de technologie et services de pointe
présentées par plus de 1100 exposants. " Ils ont parlé affaire " comme dit
le communiqué de presse rendant compte de l’événement.
Monsieur Koffi Anan, secrétaire général de l’ONU a déclaré à l’inauguration
que " pour la majorité des six milliards d’êtres humains, les récents
développements technologi-ques auraient très bien pu se faire sur une autre
planète ". Puis il a exhorté les industriels des télécommunications à
accorder une attention aux pays en développement tout en affirmant que la
libéralisation était une des voies à suivre pour combler le fossé.
Il a enfin incité les décideurs du monde à mettre la main à la patte.
Ceux-ci, opérateurs nationaux ou privés et gouvernements sont rassemblés au
sein de l’Union Internationale des télécommunica-tions, agence de l’ONU.
Celle-ci prend certes des initiatives au sein du bureau de développement des
télécoms mais on est loin du compte si l’on veut que le droit à la
communication pour tous soit respecté.
Et quand on voit les bénéfices réalisés dans ce domaine, parfois lors de
simples transactions financières, ne serait-ce pas que justice que d’en
prélever une partie aussi infime soit-elle pour pouvoir développer les
télécoms dans les secteurs ou zones géographiques non rentables.
Bruno Jaffré


En bref :
Le comité CSDPTT de Toulouse a vendu pour 1000FF de papier au profit de
l’association. (novembre 1999)
Un technicien de France Télécom, familier des missions à l’étranger a fait
un don de 2000FF au profit de CSDPTT. Cette somme sera utilisée pour le
projet d’installation de téléphone au Burkina qui nécessite une mission
supplémentaire (octobre 99).
Bruno Jaffré représentera CSDPTT au forum de la téléphonie rurale qui se
tiendra début décembre à Cotonou. Il y fera une conférence sur l’apparition
des ONG dans le monde des télécoms et les expériences de l’association dans
les projets de téléphonie rurale.
Une réunion téléphone de Conseil d’administration élargie s’est tenue le 25
octobre. Il a été décidé de travailler à 2 nouveaux projets,
l’électrification du bureau de poste de Yélémané et l’installation d’un
télécentre à Ségou au Mali en collaboration avec le comité de jumelage Ségou

- Angoulème.
novembre 1999 : Après la création de l’ADVPTT à Mopti et l’ADPPTT à
Tombouctou, nous venons d’apprendre la création de l’AVDT-Bamako
(Association des volontaires pour le développement des télécommunications à
Bamako). Une association de ce type serait par ailleurs en voie de
constitution au Burkina Faso


Coalition anti-TELMEX au Mexique
Depuis la privatisation de TELMEX (Teléfonos de México) le téléphone a été
coupé à 950000 familles. Pour protester s’est constituée une Alliance contre
TELMEX, vaste coalition d’organisations présente dans 15 des 31 Etats du
Mexique.
Elle vient de déposer une plainte auprès de la Commission interaméricaine
des Droits de l’Homme pour non respects des droits économiques et familiaux
des familles mexicaines (droit au bénéfice des services publics de base et à
l’accès au progrès scientifique et technologique).
Mais le mouvement de protestation combat aussi d’autres mesures prises par
l’opérateur.
Un système de facturation abusive, le service " sur mesure " : pour les
particuliers, la location mensuelle inclut un forfait minimum de 100 appels
 ; si l’usager dépasse cette quantité, chaque appel, qu’il aboutisse ou non
est facturé (correspondant présent, absent ou occupé). Un appel réalisé par
un usager peut alors être facturé 10 ou 15 fois son prix. Cette pratique du
" sur mesure " se fait en violation du code civil et du code du commerce de
l’État de Chihuahua et de la République Mexicaine.
Les entreprises n’ont pas accès à un forfait minimum. Chaque appel est
facturé, avec les risques cités plus hauts.
Les coûts d’installation sont d’environ 1.800 pesos. La ligne est coupée
après trois mois d’impayés et le coût de réinstallation est de 1.700 pesos.
Les appareils à pièces des cabines publiques ont été remplacés par des
appareils à carte. Le coût minimum d’une carte est égal au salaire
quotidien, soit 30 à 50 pesos (20 à 30 FRF). Les pauvres payent d’avance à
TELMEX un service non utilisé. Pour certaines familles, acheter une carte
téléphonique, c’est rester une journée sans manger.
En 1999 le coût des cartes téléphoniques a augmenté de 100 %, alors que
l’inflation était de 10 %.
De nombreuses procédures juridiques sont en cours qui semblent se prolongent
artificiellement. Le Procureur Fédéral du Consommateur a assigné une amende
à TELMEX pour violation de la réglementation en vigueur pour ne pas avoir
détaillé la facture aux clients. Cette amende n’a jamais été payée.. Le
Congrès de l’Etat du Chihuahua a envisagé de déposer plusieurs propositions
de loi au Congrès fédéral afin que la facturation du service " sur mesure
soit déclarée illégale.
L ’Alliance contre TELMEX est à l’origine de nombreux mouvements de
protestation. Les paiements de factures de 14000 personnes ont été
consignés devant les tribunaux civils sur des comptes bloqués. 16 bureaux de
TELMEX ont été bloqués dans 5 villes de l’Etat de Chihuahua pendant 30 jours
au cours de l’hiver 1998-1999. La répression qui s’ensuivit a produit un tel
émoi que le délégué du Ministre de la Justice a été contraint de
démissionner.
Rappelons que TELMEX a été privatisé en 1990. Le ministre des PTT avait
alors choisi comme principal actionnaire M. Carlos Slim Helu, ami personnel
du président mexicain d’alors M. Carlos Salinas. France Télécom était entré
alors dans le capital à raison de 6,1%.
Pendant les 4 premières années TELMEX a réalisé 31 milliards de pesos (20
milliards de FF). La société est la première capitalisation boursière du
pays et est côtée à New York. TELMEX a même été éxonérée d’impôts pendant
les premières années de son existence et elle a bénéficié du monopole
jusqu’en début de 1997.
(source Plate-forme Franco-Mexicaine civilities@infonie.fr
les infos sont
issues d’une article publié dans la Lettre d’Attac du 5/11/99
http://attac.org))


Ambitions de France Télécom dans l’Océan Indien
A Madagascar, France Télécom, par le biais de sa filiale France Câble et
Radio est présente dans la société nationale des télécommunications à
hauteur de 34% et est candidate pour la privatisation de cet opérateur. FCR
est par ailleurs actionnaire à 65% du deuxième opérateur de mobiles (il y en
a 4), la Société des Mobiles de Madagascar qui compte 6 à 7 mille clients.
Enfin elle possède un peu moins de la moitié de DTS, une société spécialisée
dans l’accès à Internet et les transmission de données.
A Maurice, FCR possède un tiers des parts de Télécom Plus, filiale de
Mauritius Telecom et s’intéresse à la privatisation de Mauritius Telecom
dont l’Etat devrait céder 40% des parts.


Lancement de Globalstar
C’est le 11 octobre qu’ été lancé officiellement ce nouveau réseau de
téléphone par satellite. Dirigé par Loral Space, Globaltar compte parmi
investisseurs et actionnaires, France Telecom, Alcatel, Vodafone, China
Telecom, Qualcomm, Hyundia... Le projet se veut d’une conception quelque peu
différente d’Iridium, aujourd’hui en faillite, puisqu’il s’annonce non comme
substitut au réseau terrestre mais plutôt comme complémentaire. Le réseau
dont le coût est évalué à 4 milliards de dollars se compose de 48 satellites
à orbite basse et de 38 bases terrestres qui prennent en charge les
communications via le réseau filaire. Ainsi les coûts des communications
devraient être moins chers que pour Iridium puisque les satellites
acheminent uniquement la communication entre le téléphone et la base
terrestre la plus proche. Ils sont annoncés entre 7 et 12 FF la minute (1,2
à 2 dollars contre 2,5 à 3,5 dollars pour Iridium) mais ce sont les
partenaires régionaux qui fixeront les prix.
Globalstar vise un million d’abonnés fin 2000 (Iridium n’en avait que 15000
après un an d’activité) ce qui lui permettrait d’atteindre son point
d’équilibre et 7,5 millions d’abonnés au terme des 8 ans de durée de vie de
la constellation alors que le marché potentiel est estimé à 40 millions.
Dans de nombreuses régions où le téléphone est absent Globalstar devrait
installer des cabines téléphoniques desservant un village ou un quartier.
Alcatel et France Télécom se sont réunis au sein de la société Tesam dans
laquelle ils ont investi quelques 240 millions de dollars. Ils se sont vus
garantir par Loral la desserte de plusieurs marchés dont l’Amérique du Sud
(excepté le Brésil), une partie de l’Afrique et du Moyen Orient, soit au
total 500 millions de personnes parmi lesquelles ont ne compte que 35
millions d’abonnés au cellulaire.


Nouvelle numérotation en Côte d’Ivoire
L’actuelle numérotation à 6 chiffres arrivant à saturation, l’ATCI (agence
des télécommunications de Côte d’Ivoire) vient d’annoncer qu’une nouvelle
numérotation devrait entrer en vigueur le 15 janvier 2000. Les numéros
passeront à 8 chiffres ce qui devrait permettre de tenir au moins 50 ans.
La CI-Telcom, l’opérateur historique, dont France Télécom détient 51% des
parts comptait fin octobre 211000 abonnés, un chiffre désormais dépassé par
le nombre de clients des réseaux cellulaires qui se monte à 219000. Les 3
réseaux cellulaires enregistrent actuellement en moyenne 7000 nouveaux
clients par mois. Mais la plupart des lignes sont concentrées dans la
capitale qui compte près de 75% des lignes.
La CI-Telcom a initié depuis sa privatisation en 1997 un plan
d’investissement de 2,5 milliards de FF qui a permis la numérisation
complète du réseau : quelques 100000 équipements de commutation ont été
installées et 85000 lignes construites. Le plan prévoyait 400000 lignes en 5
ans. Selon l’opérateur, 230 localités et villages seraient actuellement
raccordés au réseau notamment par liaison radio (DECT , PHS) et d’ici l’an
2001 ce chiffre devrait atteindre 450. Par ailleurs 1100 cabines ont été
installées dans les zones à forte concentration.
Les profits engrangées par l’opérateur CI-Telcom dépasseraient toutes les
prévisions grâce notamment à une forte politique de lutte contre les impayés
et une forte limitation des appels du personnel de la société


En bref
Au Brésil, plusieurs organisations de la société civile font signer une
pétition demandant une commission d’enquête sur la façon dont s’est déroulée
la privatisation des télécommunications dans ce pays.
La pénétration de la téléphonie mobile en Afrique serait de 0,95% (à peine
moins que le filaire) contre 2,24% en Europe de l’Est, 3,16% dans la zone
Asie Pacifique, 4,36% en Amérique Latine, 23,7% en Europe de l’Ouest et 25%
aux Etats-Unis.
La faillite d’Iridium n’arrête pas la commercialisation de son service qui
vient d’ouvrir en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Malawi.
Celtel Congo (filiale de MSI-Cellular Investments) devrait procéder à
l’ouverture de son réseau GSM en décembre au Congo. Il pourra desservir 3000
abonnés à Brazzaville et Pointe Noire. Il devrait être plus tard étendu a
d’autres villes et même en zones rurales grâce à l’installation de
publiphones alimentés par l’énergie solaire.
NTT le géant japonais des télécoms vient d’annoncer 21000 suppressions
d’emplois sur 3 an (16%) des effectifs tandis que TELSTRA l’opérateur
australien prévoit de supprimer encore plusieurs milliers d’emplois. Ce
dernier compte actuellement 52000 emplois mais en a déjà supprimé 20000 ces
dernières années.
Une nouvelle panne du téléphone a affecté l’Etat de Rio au Brésil pendant 6
heures le privant des liaisons téléphoniques avec le reste du pays et
l’étranger .
Le consortium composé de France Télécom et de deux banques du Moyen Orient a
été choisi par le gouvernement de Jordanie pour acquérir 40% des parts de
l’opérateur Jordan Telecom. La compagnie bénéficiera de l’exclusivité sur
les réseau fixes et mobiles jusqu’en 2003 et sera exemptée de taxes durant
la même période.

Nous publions ci-dessous la première partie du compte rendu de mission au
Burkina Faso d’Emile Quesada et Claude Sicard de CSDPTT Nice. Leur mission
entrait dans le cadre de l’installation de téléphones dans les villages de
Biba, Nimina, Yaba et Koin proche de la ville de Toma de la province du
Nayala au Burkina Faso. Elle illustre assez bien et de façon humoristique
combien l’aide au développement peut se révéler un véritable parcours du
combattant.
 La Rédaction.


Les Tribulations de deux niçois au Burkina Faso :
Acte 1er Jeudi 23 Septembre
Le voyage débute par un retard de 30mn mais ceci est habituel. Pas
d’inquiétude donc et surtout pas de pessimisme pour le reste de la mission.
Nous arrivons à OUAGADOUGOU vers 17h15. Là commence ce qui deviendra une
cascade de déconvenues. En effet personne ne nous attend à l’aéroport, fort
heureusement, Claude dont le physique ne laisse pas indifférent attire la
sympathie d’un Burkinabè qui croît le connaître et propose de nous conduire
à l’Onatel où nous sommes accueillis par Antoine qui nous mène chez Félix
Compaoré, un des correspondants de CSDPTT au Burkina. L’accueil est très
chaleureux et Félix s’étonne que personne ne soit venu nous réceptionner.
Nous essayons de prendre contact avec M. Paré, notre interlocuteur pour
cette mission, et il s’avère qu’il est souffrant depuis le début de la
semaine mais fera en sorte de nous rencontrer demain vers 10h. Nous sommes
soulagés d’apprendre qu’une chambre de passage nous a été préparée à la DILA
où se trouve le service du fret de l’Onatel. Antoine se propose de nous y
accompagner mais auparavant nous convenons d’aller dîner dans un restaurant
servant des grillades. Pas de problèmes pour Antoine qui en connaît et nous
emmène à la " Table de Chine ". Cette incompréhension aurait pu nous alerter
sur la nécessité de faire montre de la plus grande clarté mais la fatigue
aidant, seule la perspective d’une bonne nuit paraissait importante.

Vendredi 24 Septembre
Présentation des différents responsables de service de la DILA par JP
Bonkoungou le responsable de l’hébergement qui nous fait préparer deux
chambres individuelles. Le passage d’Alain Bergounioux a laissé un très bon
souvenir et les contacts sont très amicaux. La matinée débutait bien et nous
n’allions pas tarder à voir que c’était quasi exceptionnel. Ce bon Antoine
qui devait nous emmener pendre un petit déjeuner vers 9h avant le
rendez-vous de 10h avec Etienne ne se manifeste pas.
Après un casse-croûte improvisé, nous nous rendons chez Etienne avec lequel
nous avons un entretien cordial qui nous laisse néanmoins très perplexe
quant à la suite de la mission. Il nous répète ce qu’il avait dit à André
Nyamba, à savoir que la saison est mal choisie et qu’il sera très difficile
de sortir le matériel de la douane avant notre départ. Rude coup d’autant
qu’il nous apprend que la route de TOMA est impraticable à cause des pluies
anormalement nombreuses à cette période de l’année. Nous échafaudons divers
scénarios en fonction de l’évolution de la situation mais nous ne
rencontrons pas de sa part un très grand enthousiasme. A sa décharge, il
semble assez fatigué par la crise de paludisme qui l’affecte.
Un peu dépités nous retournons à la DILA pour y rencontrer le responsable du
fret à qui nous avons fait parvenir par fax divers renseignements en vue du
dédouanement. Le matériel se trouvant à la gare depuis le 20, rendez-vous
est pris pour 15h pour élaborer la stratégie de l’opération baptisée "
Récupe du Matos ". C’est ici que débute la saga bière-qui-tue-le-temps
 par
deux Castel avant un repas au Tam-Tam et une sieste pour oublier les
premières misères. 15h15, entretien bref avec lui qui nous conseille d’aller
voir le patron de la SDV société transitaire qui s’occupe de notre dossier.
Il comprend la nécessité impérieuse de récupérer rapidement le matériel et
s’engage à faire son maximum. Malheureusement, il manque quelques pièces
obligatoires pour l’élaboration du certificat de destination finale et la
demande d’exonération. Il faut donc appeler la France et cela est impossible
à cette heure donc tout est différé à Lundi.
 La soirée se passe en compagnie d’André Nyamba qui pense que malgré ces
problèmes notre présence est la bienvenue et insiste sur la nécessité
d’aller dans les villages, un point de vue que nous partageons. Il estime
que compte tenu de la situation politique du pays, certains cadres de
l’Onatel n’osent peut-être pas prendre de décisions.

Samedi 25 Septembre
La journée est consacrée à la découverte de OUAGA que nous effectuons en
compagnie de trois jeunes Burkinabè : Kassoum, Cholo, Al Hassan. Après avoir
arpenté la capitale, pris un coup de soleil et descendu quelques Flag et
autres So.b.bra (bières locales) nous attendons gentiment André avec qui
nous devons passer la soirée. Excellente soirée autour d’un repas togolais
arrosé de Flag.

Dimanche 26 Septembre
Nouvelle descente vers le centre ville en taxi dont nous arrivons à faire
passer le prix de 16F la veille à 10f. Nous commençons à maîtriser la
technique du marchandage mais nous sentons bien qu’il est possible de faire
mieux. Nous passons la matinée en effectuant quelques achats de souvenirs.
Aujourd’hui le repas ne sera pas suivi de la sieste habituelle car nous
avons décidé de nous immerger dans la population en assistant à la ½ finale
de la coupe du Faso de Football. Evènement considérable que nous ne
résistons pas à vous narrer tant il restera pour nous un des faits marquant
du séjour (Désolé pour ceux qui sont allergiques au Foot). La confrontation
entre les deux meilleures formations du pays a attiré quelque 35.000
spectateurs. Nous éprouvons une légère inquiétude à notre arrivée au stade
en voyant cet empilement de personnes devant les guichets. Il est évident
que nous ne pourrons pas obtenir de billets. Un jeune Burkinabè se propose
de nous aider et commence par nous faire entrer dans l’enceinte direction
les tribunes où nous sommes refoulés faute de billets ( Il est décevant de
constater que les blancs ne bénéficient pas de privilèges ). Qu’à cela ne
tienne nous nous mettons à la queue et une fois notre tour arrivé nous
expliquons que nous sommes prêts à payer nos places. Après réflexion des
officiels, ceux-ci décident de nous laisser entrer sans payer, leurs rôles
étant de contrôler les billets non pas de les faire payer. Où va la
corruption à ce train ?
Le spectacle qui nous est donné de voir est remarquable de convivialité et
très réconfortant quand on sait ce qui se passe dans nos stades.
L’effervescence qui suivit la fin du match fut mémorable avec cette
multitude de mobylettes dégageant des nuages de fumée mélangés aux drapeaux
et klaxons divers. Deux So.b.bra pour reprendre nos esprits et retour au
bercail. (fin du calvaire pour les non-footeux ).

Lundi 27 Septembre
Nous prenons contact avec Bruno pour qu’il nous envoie un nouvel exemplaire
du certificat de don manquant dans le dossier joint par le transporteur. On
se met d’accord avec nos interlocuteurs sur les pièces à fournir de manière
à transmettre un dossier complet au service des douanes. Un fol espoir naît
avec la possibilité d’obtenir la sortie du matériel pour demain.
Dans l’attente, nous filons chez M. Paré qui nous informe que l’installation
du téléphone à Sérékeni est prévue pour le premier semestre 2000. Un repas,
deux flag et une sieste avant de reprendre à 15h par l’apport du dossier
chez le transitaire. Le dossier a été confié à un au chef des affaires
maritimes, qui ne tarde pas à nous asséner une douche écossaise en nous
indiquant que le devis de dédouanement n’est pas bon ( NDLR : nous l’avons
fait parvenir une première fois en début d’année et une seconde avant notre
venue ).
Complètement désabusés nous décidons d’en aviser Félix qui est franchement
désolé et va essayer d’en parler au directeur par intérim. Il considère que
c’est une chance pour son pays de pouvoir s’appuyer sur une association
comme CSDPTT pour contribuer au désenclavement de certains villages. De
plus, nous lui expliquons que compte tenu des moyens financiers de CSDPTT et
des possibilités en équipements téléphoniques, nous serions obligés de
privilégier les interlocuteurs avec lesquels la collaboration serait plus
facile, le MALI par exemple. Nous insistons sur la nécessité de constituer
une association des amis de l’Onatel qui serait un relais efficace pour les
projets futurs.
Dans la foulée nous rendons visite à Casimir, autre correspondant de CSDPTT,
heureux de nous rencontrer mais très dubitatif quant à l’avenir
(privatisation de l’Onatel). Ce type de projet rentrera-t-il dans la future
stratégie ? C’est sur cette interrogation que nous allons " enquiller " deux
Flag, histoire de ne pas perdre le moral d’autant que les orages ne
mollissent pas. Demain sera un nouveau jour.

Mardi 28 Septembre
Début en fanfare avec la panne du Fax qui va nous empêcher de récupérer
l’imprimé vierge à en-tête CSDPTT que Bruno doit nous envoyer. Nous
bricolons une nouvelle facture avec ciseaux et collage à la manière de
Matisse, filiation niçoise oblige. Nous l’apportons au responable qui pense
que ce sera assez long eu égard aux formalités restant à accomplir.
Profitant du tarif négocié à 8f pour une course de taxi, nous allons à
l’office du tourisme pour obtenir l’autorisation de prendre des photos. Pas
de chance, mais pouvons-nous encore parler de malchance, la personne qui
s’en occupe est absente et il est préférable d’aller au ministère du
tourisme. Nous profitons d’un chauffeur de l’Onatel rencontré au préalable
pour nous y rendre sans attendre. Et là, que croyez-vous qu’il advint ?
Eh bien la secrétaire s’occupant de ces choses est sortie et a fermé son
bureau à clef. Quand ça ne veut pas, ça veut pas. Nouvelle visite à Etienne
qui ne semble pas surpris du tout de nos mésaventures. Nous souhaitons qu’il
prenne contact avec le directeur du centre de Koudougou qu’il nous présente
comme le responsable de la région du Nayala où se trouvent les villages.
Nous envisageons en effet de visiter les sites ce qui nous permettra de nous
faire une idée plus précise sur la tâche qui nous attend. Il est injoignable
et nous craquons. Seule la sieste après le repas à la Fourchette pourra nous
retaper du moins nous l’espérons.
L’après-midi débute bien quelqu’un doit lui-même à la SDV et compte faire
avancer le dossier. Pour ce qui est du directeur de Koudougou, il est à
Ouaga pendant deux jours et M. Paré fait son maximum pour le joindre. Nous
allons nous détendre au centre culturel français et enfiler deux So.b.bra.
A notre sortie, il pleut et bien sur nous n’avons pas de quoi nous abriter.
Nous décidons par la force des choses de manger à proximité dans un
restaurant recommandé par le routard. Naturellement c’est son jour de
fermeture. Heureusement Ibrahim Yaguibou un petit jeune sympa, voyant notre
détresse nous propose le Zaka, restaurant avec spectacles musicaux. La
soirée se termine en musique ce qui va sûrement adoucir notre amertume. En
signe de reconnaissance nous lui achetons de l’artisanat pour l’association.

Mercredi 29 Septembre
Undébut de matinée comme nous ne l’espérions plus. On nous informe que le
dossier complet est signé par l’Onatel qui a décidé de payer la douane pour
accélérer le processus. On nous confirme qu’il a été transmis à la douane.
Nous aurons une date de sortie cet après-midi. M. Paré a pu avoir le
directeur de Koudougou, nous faisons donc le forcing pour avoir une voiture
avec chauffeur pour demain.
JP Bonkoungou qui avait tissé des liens d’amitié avec Alain souhaiterait que
nous allions aussi dans son village. Etant donné sa gentillesse et sa
disponibilité à notre encontre nous décidons de lui consacrer une partie du
prochain week-end. L’après-midi est plus en rapport avec ce que nous avons
connu jusqu’à présent car il nous est impossible d’obtenir une date précise.
Devant ce black-out nous filons chez M. Paré, lequel nous assure qu’il va
faire son maximum pour ce qui est du véhicule. Nous en profitons pour
aborder les questions techniques et envisager d’autres projets de
collaboration notamment sur les IRT 1500 et sur la possibilité d’envoi de
matériel désinvesti en France. Visite amicale à Félix qui nous permet à
chaque fois d’utiliser son téléphone ce qui n’est pas négligeable. Quelques
bières plus tard nous renouvelons la soirée Zaka.

Jeudi 30 Septembre
A 8h nous relançons M. Paré au sujet du véhicule et il semble qu’il sera
possible de partir vers 11h ( A ce stade de la mission, nous ne pouvons
donner que des heures approximatives ). C’est un pis aller mais pour une
fois que nous obtenons un résultat nous n’allons pas faire la fine bouche.
11h15 pas de nouvelles. Coup de fil à M. Paré qui nous confirme l’arrivée
imminente du bien nommé Zagaré Matthieu. La décontraction qu’il affiche à
son arrivée à 12h40 nous désarme. Arrivée à Koudougou vers 14h où, bien sûr
personne ne nous attend. Le gardien va chercher le chef de centre de
Koudougou qui nous apprend que ce ne sont pas ses techniciens mais ceux de
Dédougou qui assurent la maintenance à Toma et aux environs. Nous sommes
étonnés de ne pas être surpris par cette nouvelle information erronée,
deviendrions-nous africains dans l’âme ? Deux Flag pour se désaltérer avant
d’affronter vers 14h30 la mémorable piste de Toma que nous allions apprendre
à connaître par coeur.
16h30. Le technicien local, Zakaria Woni que nous apprîmes aussi à connaître
par la suite, nous accueille amicalement et traduit l’impatience des
villageois. Techniquement, nous sommes soulagés de constater que le
dimensionnement de l’énergie sera suffisant, cela mérite bien une petite
bière pour oublier qu’il est 17h et que nous n’avons rien mangé depuis ce
matin. Nous retournons à Ouaga non sans avoir fait un sacré détour par de
nombreuses pistes plus défoncées les unes que les autres. Ce bon Matthieu
avait pour consigne de nous monter les villages mais nous ne le savions pas.
C’est fourbus et poussiéreux que nous prenons d’assaut la douche avant notre
premier repas de la journée. La nuit sera la bienvenue.

Vendredi 1 Octobre
Dès notre lever, nous mettons au point l’expédition à Toessin le village de
JP Bonkoungou. Le départ est prévu vers 12h mais est-ce bien raisonnable ?
La matinée est consacrée au chargement dont le dossier n’a pas progressé
d’un poil, R Toé ne s’en étant pas occupé depuis deux jours. Le constat est
amer et simple. Il ne faut pas relâcher la pression sous peine de ne perdre
encore plus de temps. Chaque demi-journée apporte son lot de surprises pas
souvent agréables.
Nous descendons en ville, manque de " noisettes " oblige et profitons pour
rencontrer Etienne et lui conter notre sortie de la veille. A notre grande
surprise, il n’est pas étonné de la " promenade " à travers la province car
c’est lui qui avait donné les consignes au chauffeur. De plus, il s’était
arrangé pour nous faire préparer les chambres de passage de Koudougou se
rendant bien compte de la longueur du périple. Une fois de plus
l’incompréhension a été totale et si nous n’étions pas deux, nous pourrions
nous interroger sur l’influence du soleil africain sur nos neurones.
Rendez-vous est pris pour lundi matin afin d’optimiser si c’est encore
possible la deuxième semaine.
Nous revenons à la DILA (tarif taxi à 6f, nous devenons durs en affaire )
dans l’attente du départ pour Toessin. Nos nerfs ayant été mis à rude
épreuve durant cette semaine, nous comptons sur cette visite pour nous
changer les idées. Nouveau coup de massue.
JP Bonkoungou qui nous avait habitués à une certaine rigueur se pointe à 15h
au lieu de midi. Le temps ne mesure pas de la même façon en Afrique
probablement. Nous musardons quelque peu jusqu’à Yako, chef-lieu de la
province.
A cet instant, les lecteurs uniquement intéressés par l’aspect mission
CSDPTT, peuvent zapper au lundi 4 Octobre. Pour les autres, nous poursuivons
l’aventure par quelques emplettes à Yako et autres So.b.bra, avant
d’attaquer une modeste piste de 35 km. Notre arrivée un peu tardive ne
permet pas de réaliser le programme prévu à savoir : Accueil par la
population suivi d’une visite des sites importants du village ( dispensaire,
maternité, école, salle des jeunes, potager communal, etc...). Nous avons
néanmoins le temps de rencontrer le délégué ainsi que les personnalités
représentatives avant d’aller à la buvette descendre quelques So.b.bra dites
de l’amitié et d’assister au règlement d’un litige auquel est mêlé notre ami
Jean-Paul (dorénavant nous l’appellerons J. Paul ). Fin de soirée légèrement
surréaliste devant simultanément une soupe locale et la télé spécialement
branchée pour nous. Au programme un épisode de la vie d’Abraham, quand nous
disions que c’était un peu surréaliste.

Samedi 2 Octobre
Après une nuit agitée par de la pluie et du vent nous débutons une journée
qui restera gravée dans mémoires. Cela commence par un petit déjeuner avant
la réception officielle prévue à 10h.
Là, nous sommes abasourdis par ce qui nous attend. Tout le village a été
réuni et nous attend, formant un grand cercle par catégories : hommes,
femmes, adolescents et enfants. Toutes communautés religieuses sont
également réunies et le délégué est le premier à prendre la parole pour nous
souhaiter la bienvenue et nous remercier de l’intérêt que nous portons à
leur village. Toutes les prises de parole sont traduites en Moré par Paul.
Nous intervenons à notre tour et précisons que notre association n’a pas
vocation à oeuvrer dans le domaine sanitaire mais néanmoins nous ferons tout
notre possible pour les aider lors de notre retour. Les représentants de
chaque corporation expriment leurs souhaits après quoi débute la visite des
sites. Nous restons interloqués par ce que nous voyons. Le dispensaire ne
dispose même pas des plus élémentaires instruments nécessaires et la
maternité sont dans un tel état que les femmes préfèrent accoucher dans
leurs cases. Une tache d’espoir au milieu de ce décor sinistre avec la
construction de trois classes il y a quatre ans grâce au financement d’une
ONG suisse. S’en suit une petite collation qui nous permet de mieux
comprendre la vie du village et de mesurer les difficultés qu’il rencontre
comme probablement beaucoup d’autres au Burkina.
C’est là que se produit un événement qui déconcertera un instant. En effet,
le collectif après s’être concerté a décidé de nous offrir en signe d’amitié
un bouc ainsi qu’un coq. Ne sachant trop que faire nous acceptons ce cadeau
sitôt hissé dans le véhicule de J.Paul.
15h semble être une bonne heure pour déjeuner mais auparavant nous rendons
visite à des cousins à J.Paul qui contents de notre passage et des photos
que nous avons prises nous offrent un poulet. La question est : Allons-nous
commencer une collection ou y-a-t-il une autre solution ?
17h : Avant de regagner Ouaga nous apprenons que le chef du village voisin
ayant appris notre présence désire nous rencontrer.
Salutations révérencieuses devant ce personnage apparemment très respecté.
La cérémonie du partage de l’eau occasionne une scène cocasse. N’étant pas
au fait de la coutume, Claude en profite pour se laver les mains avec l’eau
du gobelet ce qui a pour effet de décrisper l’atmosphère et de nous valoir
une chèvre supplémentaire. L’affaire se corse et nous proposons à J.Paul de
récupérer les animaux et d’en faire l’objet d’un du village. Après
délibération, ils acceptent nous enlevant un poids énorme.
On l’a échappé belle Milou me dit Claude se prenant pour Tintin au Congo.
C’est fort tard que nous arrivons à Ouaga après avoir dû subir un contrôle
de police les papiers du véhicule n’étant pas en règle. OUF quelle journée !
 ! !

Dimanche 3 Octobre
Nous avons fait de beaux rêves et cette journée sera insignifiante
comparativement à hier. Nous l’occupons par une trilogie bien connue : Achat
artisanat, Bière, Taxi.

FIN DU PREMIER ACTE 

Nous tenons à remercier pour leurs participations les personnes suivantes :
Pour l’ONATEL : Etienne Paré
 
Pour la SDV : Mrs Jean, Simporé, Toé, Felix Compaoré
Antoine Ilboudo, Zakaria Zoni
Nos amis : Ibrahim,
Kassoum,
Cholo,
Al hassan
Yacouba Ouédraogo
Matthieu Zagaré
Noël Somé
sans qui les journées auraient été plus longues et plus "bièrées"
André Nyamba pour tout, et surtout sa ponctualité.
 Konaté
Casimir Pitroipa 
La population de Toessin et particulièrement J.Paul Bonkoungou
 Nous remercions également les bières : Castel, Flag, So.b.bra qui
accompagnèrent nos déprimes ainsi que les poulets et brochettes auxquels
elles furent associées et sans lesquelles peut-être serions nous rentrés
plus tôt.
Mention spéciale pour le stade du 4 Août.

Emile Quesada et Claude Sicard.
CSDPTT Nice


Nous publions un extrait d’une contribution en provenance du forum de
discussion des maliens malilink disponible à http://www.afribone.net.ml.
Il
s’agit d’une réaction brute à la vue de compatriotes au retour d’une
conférence internationale comme il en existe tant. Sans doute ne faut-il
pas généraliser mais si nous la publions c’est que cela reflète la réalité.
Bien entendu il ne faudrait pas croire que les occidentaux sont totalement
étrangers à de telles attitudes.
La Rédaction.



Conférences internationales et " per diem "
De transit a L’aéroport de Bonn, j’ai rencontré une foule de "délégués"
D’Etats Africains qui revenaient du sommet sur l’environnement.
Naturellement comme d’habitude le profil type de ce "beau monde" est une
sorte d’ivresse de pouvoir et une mégalomanie stupide le tout couronnée
d’une présentation sous forme de vieux fonctionnaires cupides et ventrus....
pour l’image c’est ca.
Bref dans un concert de Mr./Mme le DG par ci, Mr./Mme Le Conseiller Général
par la, Mr./ Mme Chargé de etc... (Que des Titres Pompeux)
J’ai remarqué que presque tout les petits groupes qui s’etaient formés dans
la salle de transit avaient la même tendance sur leurs thèmes de discussions
 : " Les indemnités de missions et les Frais de Missions ".
En effet selon le vieux principe de ces pratiques en vigueurs dans ces
republiquettes Bananes qui est "Je mange, tu manges ils paient" toutes ces
personnes d’une manière ou d’une autre sont les maillons d’une structure
dite "dirigeante" qui n’est autre que la Bande de faussaires qui détiennent
non seulement les armes, l’argent mais en plus jouissent d’une légitimité
complaisante auprès de dits "Organismes Internationaux d’aide au
développement" qui ne sont autres que des outils d’asservissement et de
contrôles complices des marionnettes locales dans leurs oeuvres de
destructions quotidiennes.
Dans ce cas précis j’ai cru comprendre que c’était le "Fond des Nations Unis
pour L’environnement" qui avait financé les frais de missions de ces
"délégués d’Etats"..... à peine si on n’en est pas à leur payer leurs
cigarettes quotidiennes...
A propos de cigarette, en allumant donc la mienne dans un coin de la salle
de transit je me trouvais de fait près d’un groupe de ce "beau monde"
justement et la discussion sur les frais et indemnités de missions allait
bon train.
J’ai eu la curiosité de vouloir en savoir plus sur ces Messieurs et Dames
les "Délégués d’Etats" et j’ai posé la question à savoir de quoi il etait
question au sommet. Réponses confuses de chacun : L’environnement, la terre
se réchauffe... bref tout le discours classique du parfait fonctionnaire
théoricien totalement ignorant de la réalité’.
Deuxième question : Et pourquoi la Terre se réchauffe et par qui ? Réponse :
Aucune !! Puisque personne de tous ces Mrs et Dames n’ont en réalité rien
compris au sujet et je ne suis même pas sur qu’ils sachent vraiment le but
de leurs présences a ce sommet.
L’essentiel est qu’il y ait occasion de se faire des frais de missions. Vu
l’agacement de ces "Délégués d’Etats" devant cette question certains on
préfère dévier de sujet et se rabattre sur le shopping qu’ils ont fait avant
leurs retours chez eux.
Certains parlent d’habits, d’autres de petits jouets électriques ou de
pétards, d’autres de radio pour capter RFI bref que de la pacotille.
J’aurais tant souhaité entendre au moins un de ces Mrs et Dames les
"Délégués d’Etats" parler d’un ordinateur pour leurs gosses ou d’une
collection d’outils pour éveiller le goût naturel des enfants pour la
connaissance ou acquérir une connaissance scientifique ou technique de base
que ce soit dans les sciences de l’information, naturel ou même
physique..... RIEN et ABSOLUMENT RIEN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
L’analyse de ce fait montre trois choses importantes :
1) Le désintérêt et l’irresponsabilité total des dits dirigeants de nos
republiquettes Bananes pour l’évolution vers le bien-être et l’acquisition
de la connaissance des nôtres qui vivent chez nous au point de faire subir
le même sort à leurs propres enfants.
Ils ne le peuvent d’ailleurs pas puisqu’ils sont le produit d’une génération
sorti du moule de l’agresseur étranger.
2) La nécessité ABSOLUE de reconnaître et donner le droit aux sociétés
traditionnelles l’autogérence et le pouvoir de décider de leurs propres
destins sur leurs propres terres.
3) Les structures politiques, géographiques actuelles permettent
naturellement ce genre de dérives (on en a vu pire) et cela dure depuis plus
d’un demi-siècle sans réelle vue de changement.
Pour balayer les fondements même de ce mal il faut passer par ces trois
étapes :

- Balayage radical et systématique de ces republiquettes Bananes et
désinfection de ces modèles et concepts instaurés par les agresseurs.

- Reconnaître et rendre le droit a chaque peuple son identité dans une
structure fédérale ou confédérale comme vous le voulez.

- Rassembler ces identités sous un pays, une ou plusieurs langues locales
pour permettre l’acquisition la conservation, la transmission et le
développement de la connaissance de façon efficiente afin que ceux qui l’ont
ne soit pas des fonctionnaires ou politiciens poussifs complètement
déconnectés de la réalité de leurs milieux, comme c’est le cas aujourd’hui,
mais plutôt des gens qui savent qui ils sont et bien enracines dans leurs
milieux qu’ils doivent servir.
Enfin le microphone annonçait l’embarquement immédiat et en repensant à ces
rencontres j’en ai souri tout le long du voyage et je me suis dit qu’après
tout j’ai confiance aux nouvelles générations d’africains qui nous
permettrons de voler ensemble vers de nouveaux horizons.

Bonne Journée.

DD