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Sit-in à l’ONATEL SA : La communication ne passe plus

vendredi 13 mai 2011, par Bruno JAFFRE

jeudi 12 mai 2011

http://lefaso.net/spip.php?article41993&rubrique6

http://lefaso.net/local/cache-vignettes/L500xH274/onatel-3-2e66c.jpgLe torchon brûle de nouveau entre l’Office national des télécommunications (ONATEL SA) et ses travailleurs. Hier mercredi 11 mai 2011 dans la matinée, les derniers cités ont observé un sit-in devant la direction générale de la société pour protester contre la non- satisfaction de leur plate-forme revendicative, datant de plus de deux ans.

« L’ONATEL va bien », foi de son directeur administratif et financier (DAF), Hmamed Jaouad, interrogé peu avant midi. Une foi pourtant ébranlée par l’ambiance qui régnait depuis les premières heures de service à la direction générale de l’entreprise sur l’avenue Yennega. À notre arrivée sur les lieux aux environs de 09 heures, des véhicules estampillés Telmob et ONATEL SA, renforcés par ceux de certains travailleurs, bloquaient les deux extrémités de la voie menant à la société.

A l’intérieur du bâtiment, les couloirs étaient obscures, les portes fermées à clefs, et seule la présence de vigiles, externes à la maison, rompait le silence, devenu le maître des lieux en cette matinée. Au milieu des véhicules et par petits groupes, les travailleurs devisaient de tout et de rien. Ils nous font comprendre que seul le « SG » est habilité à nous donner les informations nécessaires.

Le SG, c’est Souleymane So, secrétaire général du Syndicat national des télécommunications (Synatel). Pour lui, le climat de travail s’est détérioré depuis la reprise de l’entreprise en décembre 2007 par Maroc Télécom. « De nos jours, il y a des services qui ne peuvent pas fonctionner parce qu’il y a rupture permanente de matériel et d’outil de travail, manque de véhicule conduisant à une mauvaise qualité de service au client. A ceux-ci s’ajoute la revendication de l’amélioration de nos conditions de vie comme l’augmentation des salaires et la dotation en crédits de communication », a-t-il avancé pour justifier leur saute d’humeur de ce mercredi.

Absents de leurs locaux, les responsables de l’administration, nous a dit la secrétaire du directeur général, étaient en réunion dans un autre endroit. C’est le DAF de la société, Hmamed Jaouad, qui nous rappellera quelques instants plus tard pour donner sa version des faits : « Nos ressources humaines sont très importantes pour notre activité et on ne peut pas s’inscrire dans un esprit de mépris à leur égard. Jusqu’à présent, le dialogue avec le partenaire social n’est pas rompu. Le processus a été enclenché le 07 avril 2011 par une correspondance du Synatel. La date du 19 avril a été retenue pour une concertation sur leur plate-forme avec le 21 avril pour un retour au sein de chaque camp ; malheureusement, à cause de la crise que vit le pays, la rencontre ne s’est tenue qu’hier (Ndlr : mardi 10 mai 2011) et on s’est donné le 20 mai pour les réponses. C’est dans cette atmosphère que nous avons appris le mouvement de ce matin ».

Et comme il l’a fait lors de ses mouvements en 2008, le personnel réclame le départ du directeur général, accusé d’être à l’origine des problèmes sociaux et d’une gestion opaque. « Nous sommes face à un problème de capacité managériale. Nous avons signifié en son temps au gouvernement que le directeur général n’avait pas toute la capacité nécessaire pour diriger l’ONATEL SA. C’est toujours la même chose. La tendance est de demander un gestionnaire qui puisse assurer la survie de l’entreprise », a affirmé ainsi Souleymane So.

Hmamed Jaouad n’est pas du même avis ; il pense plutôt qu’il tient la bonne affaire : « L’ONATEL SA est l’actuel leader sur le marché burkinabé du téléphone fixe et mobile. Cela grâce aux efforts d’investissements que nous avons consentis depuis 2007 ; la société est en croissance et nous allons continuer sur cette lancée ».

Sur les raisons de la grogne du personnel, lui et ses collaborateurs restent disponibles. « Nous sommes disposés à la négociation. La direction générale en a manifesté la volonté en faisant des propositions concrètes sur chaque point des revendications. Mais il est important qu’il y ait consensus avant toute publication », a-t-il dit.

En attendant que ce « consensus » soit trouvé et rendu public, les travailleurs n’entendent pas baisser la garde, et c’est peut-être parti pour une perturbation des services de la maison : « Aujourd’hui, si nos problèmes trouvent solutions, on lève le pied. Si ce n’est pas le cas, nous allons toujours poser des actions de nature à ce qu’on puisse avoir de la considération pour les travailleurs et que l’ONATEL SA survive au départ de ceux qui l’exploitent, afin qu’on ne se retrouve pas face avec à une carcasse ne servant à rien », à en croire leur représentant.

Moumouni Simporé (Stagiaire)

L’Observateur Paalga