Warning: exec() has been disabled for security reasons in /var/www/vhosts/csdptt.org/httpdocs/ecrire/inc/filtres_images_lib_mini.php on line 744 La Lettre de Mars-Avril 2009 - CSDPTT - Coopération Solidarité Développement aux PTT

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La Lettre de Mars-Avril 2009

vendredi 17 avril 2009, par Maher Jelassi

Jean-Louis Fullsack et Maher Jelassi ont participé à la rédaction de ce numéro.

1- Edito :

Ce début d’année 2009 est malheureusement marqué par des nouvelles peu réjouissantes.
Outre la crise économique mondiale qui a déclenché faillites, chômage et récession dans de nombreux pays développés. Elles ne sont guère bonnes dans le domaine des télécommunications et des TIC en Afrique :

- Echec de privatisations (renationalisation de la Sonitel et de sa filiale Sahel-Com après des manquements graves et récurrents à laquelle on ajoute une mauvaise gestion de la part du consortium sino-libyen « DATAPORT » et des objectifs non atteints).
Nous pouvons craindre que les dernières privatisations comme celle de la Sotelma n’aient guère plus de réussites.

- Retards importants de l’Afrique constatés dans l’évolution des technologies de l’information et de la communication.
Un communiqué de presse de l’UIT indique que les pays africains sont ceux où les TIC se sont le moins développés entre 2002 et 2007. Cet article est disponible à l’adresse suivante : (http://www.itu.int/newsroom/press_releases/2009/07-fr.html)

Mais il est rassurant de voir que certains gouvernements souhaitent reprendre leur avenir en main en matière de télécommunications. Et nous les encourageons.
Car rappelons-le : les moyens de télécommunications permettent bien sur d’être l’accès à l’information et la communication mais permettent aussi de développer l’éducation, la culture, la santé grâce aux progrès de télé médecine et de la télé chirurgie sans oublier le développement économique.
Nous nous proposons d’être aux cotés des pays qui se souhaitent se développer dans ce sens.

Sachez que CSDPTT est toujours là et prête à collaborer et coopérer avec tous ceux qui lui demandent : avec les associations souhaitant un soutien dans des projets de développements impliquant des besoins Télécoms, avec les Opérateurs historiques désirant avoir des conseils en ingénierie télécoms, planification, formation et surtout avec les villages qui souhaitent être raccordés au réseau téléphonique. (Rappelons que c’est la vocation première de CSDPTT).
Notre association ne met pas seulement à disposition des compétences techniques mais elle vous propose de travailler avec une équipe de bénévoles à dimension humaine pour aider les villageois dans leurs projets.

Autre bonne nouvelle, après deux ans non publication la lettre mensuelle de CSDPTT revient et réapparaît sur le Net sous une forme bimestrielle en attendant de revenir ultérieurement à une périodicité mensuelle. Pour cela nous vous demandons à tous un effort de contribution à son contenu de manière à ce que tes sujets qui nous préoccupent soient bien portés à la connaissance des lecteurs et des visiteurs de notre site.

Afin de mieux faire connaître la lettre mensuelle, le conseil d’administration de CSDPTT a décidé la mise à disposition gratuite de sa lettre durant 6 mois soit d’Avril 2009 à septembre 2009 inclus. Nous espérons que cette nouvelle édition attirera le plus grand nombre possible de lecteurs.
A partir d’octobre 2009, la lettre ne sera accessible qu’aux abonnés. (Voir conditions plus bas).

Nous vous souhaitons une très bonne lecture et une bonne réussite dans vos projets.

Maher Jelassi.

Président CSDPTT.

2 - Domaine réglementaire, privatisation, fusions et acquisitions

Dans ce domaine les nouvelles se bousculent sur le continent africain. La privatisation est toujours l’obsession des responsables nationaux et régionaux. Elle subit cependant, ici ou là, des inflexions sensibles.

Ainsi la SOTELMA, opérateur public du Mali est passé sous le giron de Maroc Télécom -donc du groupe français Vivendi qui possède 53% de l’opérateur marocain- qui a acquis 51% des parts de la Sotelma pour 252 M€ (320 M$). Quant à l’Etat du Mali il ne conservera plus que 20% ce qui lui permet de prétendre influer les décisions stratégiques ... On peut toujours rêver ! Quoi qu’il en soit, le gouvernement s’accorde un délai supplémentaire pour signer l’accord définitif.
Cette nouvelle acquisition de Maroc Télécom s’ajoute à celles des opérateurs publics du Burkina Faso voisin -la Sonatel- ainsi qu’à celles de Mauritanie (Mauritel) et du Gabon (Gabon Télécom), et fait passer le chiffre d’affaires de ses filiales africaines à plus de 1,2 milliards de dollars.

Non loin de là, au Nigeria, la privatisation de l’opérateur public historique NITEL garde son cours cahotique et reste un feuilleton révélateur des effets du néolibéralisme et de la pensée unique. Cette fois c’est Transcorp, une compagnie holding à majorité nigeriane (mais à président américain) qui a décidé de vendre une tranche (non encore dévoilée) de sa part de 51% qu’elle détient dans NITEL qui est surendetté à hauteur de 500 M$ ...
Il est intéressant de noter que lorsque NITEL avec sa filiale mobile M-Tel a été privatisé en novembre 2006, Transcorp a acquis 51% de son capital pour 750 M$. Soit juste un peu plus que le double de ce que Maroc Télécom a payé pour les 51% de la Sotelma. Ce qui sous-évalue scandaleusement NITEL par rapport l’opérateur public malien. En outre, lorsqu’il a été privatisé NITEL comptait 500 000 lignes fixes alors qu’actuellement il n’en compte plus que 45 000, sous moins que la moitié du Burkina Faso ce qui est tout simplement scandaleux ! Enfin, pendant la même période, l’effectif est passé de 12 000 à 2 000. C’est cela que les néolibéraux de tout poil -UIT comprise- appellent le succès inhérent à la privatisation. Voir aussi au § 3 les problèmes sociaux apparus chez NITEL.

Et au Nord du « géant de l’Afrique » le Niger se débat lui aussi dans un processus de privatisation particulièrement douloureux car il frappe l’avant-dernier des pays les plus pauvres du monde. Le Rapport de mission de CSPTT transmis aux autorités du Niger en 2006 (voir nos Lettres antérieures) considérait que la privatisation de l’opérateur public SONITEL a créé un véritable obstacle dans le développement du réseau, du fait de l’incapacité et du manque de volonté du « partenaire stratégique » (sic) retenu : le consortium sino-libyen ZTE-LLAICO qui n’avait aucune expertise dans la gestion et le développement d’un réseau public de télécommunications. Après une forte pression des organisations syndicales et de l’Assemblée nationale le gouvernement a -enfin !- pris la décision qui s’imposait depuis trop longtemps. Il a retiré les « licences d’établissement et d’exploitation d’un réseau fixe et d’un réseau de télécommunications cellulaires » à la Sonitel ! Raisons officielles : « non atteinte des objectifs de couverture et de desserte téléphoniques, la non modernisation et numérisation de certains centres de commutation et artères de transmission, l’accumulation d’arriérés au titre de contribution au fonds d’accès universel, le non maintien des qualifications techniques et financières ayant présidé à la qualification et à l’adjudication du Partenaire stratégique, la non atteinte du niveau minima de qualité de service ». Ce n’est plus un constat : c’est un réquisitoire !

Comme au Nigéria, la privatisation a conduit la Sonitel au surendettement, conséquences des investissements mal ciblés et encore plus mal financés puisqu’il a plus de 50 M$ de dettes fournisseurs qui s’ajoutent aux 22 M$ d’emprunts et de cautions et 6 M$ de découvert bancaire. Cette véritable catastrophe pour ce pays est passée sous silence dans les étages de l’UIT et dans les officines du NEPAD, cet instrument néolibéral de la « renaissance africaine ». CSDPTT est prêt à s’investir dans le difficile processus de réhabilitation de l’opérateur public SONITEL, par solidarité avec ses collègues qui en ont à la fois la compétence et la volonté. A ce titre, le Rapport de mission pourrait faire l’objet d’une actualisation et d’un complément adapté à la nouvelle situation créée. Une telle démarche demande cependant un fort soutien des autorités nigériennes et du PNUD. Cette proposition pourra être présentée par notre représentant lors de du cycle des réunions de Genève en mai prochain, consacrées au bilan annuel des Lignes d’action du SMSI.
JLF

3 - Aspects sociaux et sociétaux

Nigeria
NITEL privatisé a réduit ses effectifs de 12 000 à moins de 2 000 (voir § 2) et comme cela ne suffit pas pour résorber son énorme dette, l’opérateur n’a plus payé de salaires à ses agents depuis onze mois. Ce qui a conduit ces derniers à se mettre en grève et à couper l’accès au câble sous-marin SAT-3, la vache à lait de leur employeur. Nous comprenons aisément la colère de nos collègues nigérians et nous ne pouvons que leur témoigner notre solidarité.
JLF

C’est apparemment ces conséquences dramatiques sur le personnel de la Sotelma qui a différé l’accord définitif du Mali avec Maroc Télécom. Autre différence notoire entre les deux privatisations, le personnel de la Sotelma se voit attribuer 10% des parts. Maigre consolation quand viendront les « décisions douloureuse » pour satisfaire les nouveaux actionnaires ... et particulièrement ceux de Vivendi !

4 - Domaine des Réseaux

4.1 Réseaux et liaisons sous-marins

L’Afrique encerclée !

Une carte de l’Afrique sur laquelle sont reportés les câbles sous-marins exploités, programmés et projetés -si tant est qu’il en existe une- est à la limite de la lisibilité, tant « ça se bouscule » pour « connecter l’Afrique à l’Infrastructure mondiale de l’information ».
Nous comptons ainsi, en mars 2009, les câbles et projets suivants.

SAT-2 : ce câble à fibres optiques de 9 500 km avec 82 répéteurs, a été mis en service en 1993. Il a une capacité installée de 560 Mbit/s. Il est la propriété de 5 grands opérateurs dont Telkom de la République Sud-Africaine. Il a remplacé le câble SAT1 (coaxial, 360 voies) posé dans les années 1960. Il assure aussi la sécurisation partielle du trafic de SAT-3 en cas de panne de celui-ci.

SAT-3 : Ce câble sous-marin qui dessert la côte atlantique de l’Afrique en 9 stations d’atterrissement (une dixième vient d’y être ajoutée), est en exploitation sous forme coopérative depuis mai 2002. Long de 14 300 km, il a une capacité finale de 120 Gbit/s (4 fibres, Amplification optique, Multiplexage en longueurs d’onde) et a coûté 350 M$. Selon les analystes il est utilisé à moins de 20% de sa capacité installée et ses coûts d’accès sont trop élevés : 4 000 $ et plus par Mbit/mois, ceci expliquant cela selon eux. En fait les adeptes du tout privé et du tout marché lui reprochent surtout son statut de « câble d’opérateurs historiques ». Il est sur le point de doubler sa capacité installée à 40 Gbit/s ( 40M$).
La critique est donc plus idéologique que technique ou vraiment économique.

Infinity : Ce câble est conçu et mis en œuvre par IWTG une société américaine et s’étend du Portugal au Cameroun ; il devait être opérationnel 2008 ... Son parcours est strictement « en doublon » de SAT-3 dont il ambitionne de « récupérer » une bonne part de trafic grâce à une offre dite d’accès ouvert (Open Access) « significativement moins chère » que SAT-3. Long de 7 000 km et avec une capacité « supérieure à 1 Térabit/s » son coût annoncé varie entre 500 et 750 M$. Son offre de connectivité minimum est de 10 Gbit/s par pays. Ce projet est entièrement privé et a pour but ouvertement affiché de concurrencer SAT-3. Il repose donc essentiellement sur des bases idéologiques.

Main One : Ce projet doit relier le Portugal (Seixal) à l’Afrique du Sud ... comme SAT-3, mais avec moins de sites d’atterrissement. Il est programmé sur deux phases. La première consiste à relier Setubal à Lagos (Nigeria) en 7 000 km et une capacité potentielle de 1,28 Tbit/s pour un coût annoncé de 250 M$, apparemment sous-évalué. Pour l’instant il n’a que deux licences d’atterrissement, le Ghana et le Nigeria, alors que son exploitation est prévue pour juin 2010. Sa réalisation a été confiée à Tyco qui en fournit aussi l’équipement. Sa connectivité limitée pose deux questions : (a) pourquoi une telle capacité pour si peu de connectivité et (b) quelle viabilité pour un tel projet ? D’autant qu’il a (déjà) un autre concurrent : voir ci-après.

Glo-1 : Ce câble en cours de pose doit relier le Royaume Uni au Nigeria (Lagos) et devrait comporter « quelques embranchements » sur la côte Ouest africaine mais aucune licence ne semble encore signée en dehors du Ghana et du Nigeria. Il est réalisé par Alcatel. Question : quelle est la base économique de ce projet ?
Uhurunet : Ce projet envisage tout simplement de ceinturer tout le continent « pour connecter l’Afrique à l’Inde, au Moyen-Orient, au Royaume Uni et aux Etats-Unis » ! Nos lecteurs assidus se rappelleront la lamentable aventure d’Africa ONE -ce projet de l’UIT mort-né après avoir englouti une fortune- qui devait réaliser cette opération dès ... avant 2000. Le NEPAD, moins à court d’idées que de réalisme et de moyens, a donc ressuscité ce « flop historique » et est porteur de ce projet qui comporte aussi une composante de liaisons terrestres complémentaires des liaisons sous-marines. Ce qui met le coût à hauteur de 1,5 Milliard de dollars pour un achèvement en 2010. En attendant il essaie au moins de le rapprocher d’autres projets, dont celui qui suit avec lequel il a signé un MoU en septembre 2008.

WACS (West African Cable System) aussi appelé AWCC (African West Coast Cable System), est porté par un consortium conduit par Broadband Infraco, une société d’économie mixte sud-africaine. Selon ses promoteurs, très discrets sur son coût estimatif qui pourrait dépasser 650 M$, il aura une capacité de 3,8 Tbit/s et devrait desservir une dizaine de pays côtiers. Selon les termes du MoU mentionné ci-dessus il ferait désormais partie de Uhurunet.
WAFS (West African Festoon System) : C’est un projet original qui irait de Lomé (Togo) à Luanda (Angola), soit plus de 2 000 km en 10 festons (segments sous-marins entre deux sites d’atterrissement) et cinq dérivations (dont Malabo (Guinée Equatoriale). L’idée est intéressante si les festons sont purement passifs car l’exploitation et le développement (Augmentation de capacité) sont entièrement maîtrisables par les pays desservis et les coûts d’exploitation seraient significativement réduits.

Cependant le projet ne semble guère avoir dépassé le stade du « Powerpoint Network » ... Dommage car c’est ce type de liaisons qui devraient recevoir un intérêt soutenu de la part des responsables africains.

MT WAC (Maroc Telecom West Africa Cable) est un projet de câbles sous-marins s’étendant du Portugal au Gabon, avec des festons desservant le Maroc, le « Sahara occidental » ( !), la Mauritanie, le Sénégal et la Côte d’Ivoire. Il est conçu essentiellement pour collecter le trafic des filiales de MT/Vivendi de la sous-région et l’appel d’offres devrait être lancé en 2009 « au plus tard ».

SAT-4 : OUI déjà ! C’est le successeur de SAT-3. Il est dans les cartons de Telkom, Vodacom et MTN, les trois « majors » sud africains des télécommunications. On pense qu’il pourrait « récupérer » tout ou partie de AWWC ...

En conclusion :

Cette foison de projets est un double scandale.
Sur le plan technologique elle montre l’absence totale de concept d’un véritable réseau d’interconnexion des métropoles côtières. Elle ignore l’inclusion des débouchés d’axes de desserte des pays enclavés, ou -à tout le moins- un concept minimal d’intégration dans un ensemble cohérent des multiples projets de préférence à leur stade d’élaboration. Ainsi, aucune architecture de sécurisation mutuelle n’est mise en place, ce qui augure mal de la fiabilité et de la qualité des futures dessertes. Pire, aucune idée directrice quant à la gestion, l’exploitation et le développement de cet écheveau des câbles sous-marins n’est recherchée et encore moins promue. Une fois de plus c’est le concept néolibéral qui prévaut : la concurrence plutôt que la cohérence, et c’est le premier scandale !
Mais cette multiplicité de projets est aussi un scandale financier ! Ainsi l’étude de Terabit Consulting (www.terabitconsulting.com) chiffre ces projets à 6,1 milliard de dollars soit 20 fois le coût de SAT-3, alors que les coûts dans ce domaine ont diminué de 30% depuis sa mise en service. Une dépense carrément scandaleuse dans une période de crise financière dont la population africaine est la première victime, jusque dans ses besoins les plus primaires.

L’attitude irresponsable voire cynique des acteurs concernés, en premier lieu les organismes pan-africains comme le NEPAD et les responsables nationaux, mais aussi l’UIT qui a complètement déserté son champ d’activité fondamental pour s’occuper de déréglementation des opérateurs et de questions politiques de l’Internet, est profondément choquante. Leur comportement ignorant à ce point les principes élémentaires de dignité et de responsabilité
Est, pour toutes ces raisons, unanimement condamnable et constitue un troisième scandale.
JLF

4.2 Réseaux et solutions satellitaires

Mais où est donc RASCOM ?

Après des recherches assidues sur la toile les « nouvelles » semblent bien appartenir au passé. On pourrait même proposer l’organisation d’un jeu intéressant : à quelle date remonte la dernière info relative à ce satellite africain qui avait soulevé tant d’espoirs parmi les habitants de ce continent et qui a été lancé en décembre 2007 ?
Le site de Rascom (www.rascom.org) est tristement révélateur même s’il annonce que son service de location de capacité marche bien puisqu’il occupe 100% de la bande C « standard » (4 GHz) et 70% de la bande Ku (11 et 14 GHz). Il ne mentionne par contre aucunement les deux autres services pour lesquels il avait été conçu et lancé : les services de téléphonie intégrée -qui ont notamment en charge le service universel et la desserte des zones éloignées et isolées- et les services de commutation à faible débit, en charge en particulier de l’interconnexion entre pays du continent et du reste du monde.

Il faut souhaiter un « deuxième souffle » à RASCOM, et cela le plus rapidement possible, notamment pour désenclaver les zones isolées et pour pallier les besoins en transit international qui est toujours assuré par les opérateurs satellitaires hors du continent et coûte près d’un demi milliard de dollars par an aux africains.

7 - Aspects économiques et financement du développement des TIC

Les Echos titrent le 17 mars 2009 : Deux trillions de dollars à l’abri en Suisse
Ce qui soulève évidemment la question récurrente des taxes sur les transactions financières que l’association ATTAC défend avec d’autant plus de raison que ce chiffre paraît effarent. Que représentent « deux trillions » ? Simplement deux millions de millions, ou 2*10 e 12 ou 2 Téra dollars. Une taxe de 0,1% sur cette somme -insensible pour les ultra-riches déposants étrangers- rapporterait donc 2 milliards de dollars. Rappelons que la FAO n’en demande que la moitié pour subvenir à la crise de la faim dans les PeD mais est incapable de la rassembler par voie « normale », c’est-à-dire auprès de ses membres. Une situation révoltante !

Notons que la Suisse est de loin le plus grand dépositaire mondial avec 27% du total des dépôts « offshore », bien avant tous les autres paradis fiscaux. La morale à double fond(s) se porte bien dans ce pays.
JLF

8- Tribune libre : LA PRIVATISATION DE LA POSTE : UN OBJECTIF IDEOLOGIQUE

Le site de CSDPTT publie ce mois-ci une tribune libre de Franck Loizemant, syndicaliste CGT à La Poste, sur la privatisation de la Poste, intitulé "LA PRIVATISATION DE LA POSTE : UN OBJECTIF IDEOLOGIQUE", dont voici l’introduction :

« Nicolas Sarkozy, chantre il y a peu du néo-libéralisme le plus échevelé, a parfois pris ces dernières semaines, pour répondre à la crise du capitalisme, une posture colbertiste. Encore prend-il soin de ne pas fâcher les puissants en pratiquant la socialisation des pertes et la privatisation des profits. En ces temps de débâcle boursière, il n’a pas renoncé à privatiser La Poste. Divers montages lui sont prêtés. Officiellement, il serait procédé à une augmentation de capital souscrite conjointement par la Caisse des Dépôts et par l’Etat. La Poste resterait pour l’instant financée par des capitaux 100% publics comme s’y était engagé le chef de l’Etat. Mais le journal Libération dans son édition du 18 février 2009 fait état d’un rapport où il est dit que La Poste deviendrait « une société anonyme dont l’Etat détient plus de la moitié du capital ». Qui seraient les autres actionnaires ?
Dans cet article, nous allons essayer de démontrer que le projet de privatisation de La Poste échappe à toute rationalité économique, sociale mais qu’elle est l’illustration d’un projet idéologique visant à briser le pacte social et à introduire les services publics dans la sphère marchande. »

9- Abonnement à lettre mensuelle CSDPTT.

Comme indiqué dans l’édito, la lettre CSDPTT sera diffusée de manière gratuite sur notre site à tous les visiteurs pendant une durée de 6 mois (d’Avril 2009 à septembre 2009 inclus). A partir d’octobre 2009, la lettre bimestrielle ne sera accessible qu’aux seuls abonnés. Le coût de l’abonnement sera de 15 euros pour les particuliers ou bien de 22 euros pour les entreprises. Cet abonnement donnera droit à 6 lettres bimestrielles.

Les demandes d’abonnements et leur règlement seront à effectuer auprès d’Olivier Dusanter par mail : olivier.dusanter@csdptt.org ou bien à l’adresse postale suivante :

CSDPTT
S/C Olivier Dusanter -
12 bis rue Charles de Gaulle - 91400 Orsay.

D’avance un grand merci à nos lecteurs abonnés, présents et futurs, dont la contribution financière améliorera notre budget de fonctionnement et permettra d’être encore plus présent là où la solidarité doit s’exprimer concrètement.