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Burkina : Sit-in des travailleurs de l’ONATEL : "Avec le DG, la communication ne passe pas"

vendredi 26 octobre 2007, par Bruno JAFFRE

Burkina : Sit-in des travailleurs de l’ONATEL : "Avec le DG, la communication ne passe pas"

Hier jeudi 25 octobre, les agents de l’ONATEL (Office national des télécommunications) ont observé dans la matinée une cessation de travail. La raison de ce mouvement d’humeur est, selon eux, la résultante du refus de la Direction générale de prêter une oreille à leurs préoccupations.

La quête de meilleures conditions de travail est le souci de tout agent, qu’il soit du secteur public ou du privé. Et dès lors que l’on estime que ses droits légaux ne sont pas respectés, cela amène la plupart du temps des mouvements d’humeur ou des grognes.
C’est ce qui est arrivé ce jeudi 25 octobre au sein de l’Office national des télécommunications (ONATEL). Comme à l’accoutumée, les agents de Ouaga étaient dès 7h 30 à leur lieu de travail, mais pas dans les bureaux. Ils avaient occupé la devanture de leur service attendant l’arrivée du directeur général.

Lorsque ce dernier a franchi le portail, tous entrèrent dans la cour. C’était, d’ailleurs, la consigne donnée la veille (le mercredi soir) par les responsables de ce mouvement. Cette grogne trouve son explication dans la non-satisfaction des préoccupations des travailleurs de la nationale de télécommunications (voir encadré).
Pire, les agents, sinon les responsables syndicaux de l’ONATEL sont très frustrés, car ils estiment que la direction générale ne veut pas les entendre. Interrogés, les agents affirment tous en chœur que leur nouveau directeur général, Morshid Mohamed, ne veut pas dialoguer avec eux.

De l’intervention du secrétaire général du Syndicat national des télécommunications (SYNATEL), Boukary Valentin Sawadogo, il ressort que depuis l’arrivée de Maroc Télécom, « les espoirs semblent se transformer en illusions. Nous avions vu en l’arrivée de Maroc Télécom, une gestion rigoureuse, participative et transparente ». Car au fil du temps, l’angoisse s’est amplifiée.

Dès l’installation de la nouvelle direction, puis de la tenue du conseil d’administration, les syndicalistes disent avoir signifié au DG, Morshid Mohamed, les incohérences de la grille salariale. Au mois d’avril, une rencontre de la structure syndicale de l’ONATEL avec la direction générale a permis de faire le point des préoccupations.

Le SYNATEL ajoute que leurs multiples demandes d’audiences sont restées lettres mortes. C’est la raison pour laquelle, souligne M. Sawadogo, les travailleurs semblent « méprisés » par les premiers responsables de l’entreprise.

En outre, de l’avis des agents, la Direction générale est en train d’externaliser les compétences de l’ONATEL, car pour un rien, l’appel est fait à l’expertise externe, notamment aux cadres de Maroc Télécom. « Les compétences internes sont négligées », affirme, amer, Valentin Sawadogo.

De plus, le Syndicat reproche un traitement inégal entre eux et les experts marocains qui sont devenus au fil du temps des travailleurs détachés avec un statut particulier ; le désordre semble s’instaurer dans les nominations.

Les agents qui souhaitaient voir le DG s’adresser à eux directement n’ont pas eu gain de cause, car le patron, qui s’est refusé à tout commentaire avec les hommes de médias, a prévu un autre cadre de rencontre pour le samedi.

De sources proches de la direction générale, les problèmes soulevés par les agents existent bien avant l’arrivée du repreneur marocain. Et puis, « le souci actuel de la direction est de redresser la société et de prendre le temps pour analyser tous les contours. En temps opportun, les réponses vont être données », nous a laissé entendre notre interlocuteur.
Les travailleurs ont regagné leur poste avec la ferme volonté de discuter franchement avec leur direction le samedi 27 octobre prochain. Une autre rencontre est prévue pour le 6 novembre prochain.

Kader Traoré

Source : L’Observateur N°6999 du 26 au 28 octobre 2007 http://www.lobservateur.bf/article.php3 ?id_article=7069?&sq=Oarticle