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Compte rendu de la réunion du 16 mai 2007 sur le suivi des actions C2 C4 et C6 de l’agenda de Tunis.

mardi 7 août 2007, par Bruno JAFFRE

SMSI

Réunion sur le suivi des Lignes d’Action C-2, C-4 et C-6 de l’Agenda de Tunis

UIT/PNUD, Genève - 16 mai 2007

Compte-rendu

Rappel des problématiques traitées dans les Lignes d’Action (LA) examinées par la réunion :
LA C2 : L’infrastructure de l’information et de la communication
LA C4 : Le renforcement des capacités
LA C6 : Créer un environnement propice

Cette réunion, organisée par l’UIT et le PNUD, était ouverte (sic) aux ONG accréditées au SMSI -comme CSDPTT- et « invitées » à demander le statut ECOSOC » (agrémentation qui permet de participer aux grands débats organisés par l’ONU et ses agences). Pour CSDPTT cette demande relève d’une décision de son AG.

Moins de quatre-vingts participants -dont une dizaine de représentants de la société civile- assistaient à cette réunion, la troisième depuis la fin officielle du SMSI. Les précédentes réunions ont eu lieu à Doha ( !) et à Genève l’année dernière. On peut donc dire que ces lignes d’action -qui sont le fondement même de l’action et de la réflexion en vue d’une société dite de l’information- ont eu droit à une douzaine d’heures de débats, c’est dire l’efficacité du processus du suivi du SMSI ... et l’espoir de voir réalisés ses objectifs.

La réunion n’a pas failli à décevoir les attentes du petit groupe de la société civile (SC) et certains représentants des PeD. Innovation : le secteur privé était très présent. Ainsi, le délégué de CSDPTT s’est trouvé entre la représentante de la coalition internationale des chambres de commerce (CCBI), bien connue de nos lecteurs des comptes-rendus du SMSI, et le trio de représentants d’IWTGC, société connue par le cercle de lecteurs de la Lettre de CSDPTT, sous la rubrique « projet de câble sous-marin INFINITY » dont elle est la protagoniste.

C’est le nouveau Secrétaire général de l’UIT, Hamadoun Touré, qui a ouvert cette réunion ... en anglais. En voici les principales annonces et informations :
Initiative « Connect Africa », dans le cadre de « Connect the World », ce Plan Marshall (sic) pour permettre à tous les habitants de la planète d’accéder aux bienfaits des TIC.
Si nous échouons dans nos objectifs, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ne seront pas atteints. Et il ne reste plus que huit ans ...
LA C2 : de plus en plus complexe. Les infrastructures dépendent à la fois du « business », de la régulation, et de la politique (NdR : et nous qui croyons toujours qu’elle est une affaire de choix technologiques, économiques et sociétaux ...). Autre problème : son coût et sa durabilité (« sustainability ») qui doit conduire à la partager (NdR : voilà qu’on dégroupe les réseaux structurants !). Enfin les réseaux de nouvelle génération (acronyme anglais : NGN) vont arriver qui permettront aux PeD à « faire le saut de technologie » (en anglais : leapfrog) et -à condition de susciter l’intérêt public- contribuer à combler le « fossé numérique ».

Madame Sorgho-Moulinier, Directrice du PNUD à Genève, insiste sur les relations mutuelles entre les LA examinées. Elle ne retient que quelques thèmes tels que
le défi critique et le volume du travail à accomplir, et la relation avec les autres problématiques de développement, les TICs étant un facilitateur (« enabler »).
Il faut maximiser les impacts des LA examinées sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
S’agissant de la LA C4, la formation (en fait « capacity building », mais personne n’a jamais su définir cette expression ...) doit être inclusive et avoir un impact efficace.
Il faut identifier les problèmes prioritaires et agir conjointement.
Elle note un écart du paradigme de développement entre les TIC et les autres domaines.
Quant à la LA C6, « Créer un environnement favorable », elle est une problématique complexe. On peut cependant y distinguer des convergences, donc identifier des opportunités.
En conséquence, une nouvelle approche doit être tentée afin de trouver de nouveaux mécanismes.
Les TIC sont un facilitateur critique pour les acteurs d’un ensemble de secteurs.
Promouvoir l’accès universel peut se faire de manière concurrentielle ou complémentaire. Le premier problème est le fossé infrastructurel. En outre la variété des pratiques utilisées, les liens plus forts avec le développement, les stratégies plus compréhensibles et leur traduction en termes de politique constituent un autre ensemble de problèmes.
Les priorités devraient être données aux capacités de développement, ce qui implique un recours plus large aux TIC.
Enfin, s’agissant de cette relation TIC- développement, il faut dégager les leçons cruciales apprises jusqu’ici.

Emamgholi Behdad, Chef de l’unité de coordination régionale au BDT-UIT, qui préside la séance, commente ensuite brièvement la quinzaine de documents rédigés pour la plupart à la veille de la réunion, et disponibles en partie à l’entrée de la salle .
Ils font référence à la création d’un espace de travail pour le suivi des LA C2, C4 et C6, et à un questionnaire soumis aux partenaires sur la mise en œuvre des objectifs au plan national et local. Ils évoquent les initiatives régionales (Europe, Afrique, ...) d’une part, le Plan d’action opérationnel de l’UIT adopté à Doha d’autre part. L’autre annonce concerne la parution ce jour, du « World ICT Report » qui sera affiché sur le site de l’UIT et libre d’accès. Il note en particulier que le « fossé numérique » entre les pays industrialisés et les pays les moins développés (PMA) est dans un rapport de 12 à 1.
Ces documents mentionnent aussi que dans le cadre du multi-partenariat, l’UIT a organisé en 2006 trois ateliers à Genève animés par la London Business School ( !).
Un autre document fait l’objet de la « mesure de la société de l’information en 2007 », comportant des données statistiques et d’investissements « de plus de 200 économies (sic) du monde. (NdR : voilà une nouvelle terminologie utilisée -entre autres- par l’UIT pour désigner les pays ; une confusion révélatrice !). L’innovation est la fusion des deux indices de mesure, celui de l’UIT et celui d’Orbicom, en un nouvel indice dit d’opportunité TIC (ICT-OI).
Il reste cependant le problème de la disponibilité de données dans les PeD, et -lorsqu’elles sont disponibles- de leur fiabilité. En vue de l’analyse comparative des pays, le document établit quatre niveaux, allant de 4 (pays les plus développés) à 1 (pays les moins développés). Cette analyse voit le « fossé numérique » s’élargir entre les niveaux extrêmes 4 et 1, alors qu’il diminue entre les niveaux intermédiaire-bas et le plus bas. Ce que l’analyse comparative indique aussi, c’est que l’écart de développement en termes de TIC est plus important que celui observé pour tout autre indicateur sectoriel. (NdR : ce qui prouve combien les autres domaines sectoriels -eau, santé, éducation, électricité, ...- sont plus importants pour le développement, et devrait amener les protagonistes des TIC à plus de modestie !).
Autre initiative mentionnée : « Connect the World » (NdR : une initiative bien dans l’air du temps entre l’UIT et ses éternels « partenaires » -Microsoft, Cisco, Nokia, Alcatel-Lucent, ...), qui soutient des projets et des bourses dans le domaine des TIC (NdR : notamment pour grossir les effectifs des « académies Cisco »).

C’est Henry Chasia, le Directeur du secteur des TIC dans le NEPAD, qui commente ensuite le document de son organisation. Il trace les grandes priorités du NEPAD en termes de TIC pour « connecter en large bande le continent » qui sont au nombre de trois :
-  Les connections internationales par câble sous-marin,
-  Connecter les pays d’Afrique de l’Ouest,
-  Le réseau satellitaire de desserte des écoles.
Ces projets devront être adoptés d’ici deux ans par l’ensemble des pays. Il cite à titre d’exemple le projet de câble sous-marin EASSy (NdR : que les lecteurs de La Lettre de CSDPTT connaissent fort bien) qui s’étendra de Durban (Afrique du Sud) jusqu’à Port Soudan sur la côte orientale de l’Afrique en comportant une desserte de Maurice et de Madagascar.

Willy Currie présente et commente le document rédigé par APC, une ONG transnationale qui a été désignée sur sa demande par l’UIT comme « co-facilitateur » des LA C2, C4 et C6.
Il évoque l’économie des infrastructures et met en garde contre une vision exclusivement orientée par le marché pour satisfaire les objectifs des LA examinées. Enfin il sera nécessaire de structurer la LA C2 pour coller aux problématiques soulevées.

IWTGC présente ensuite son projet appelé Infinity qui consiste à la réalisation d’un câble sous-marin entre Lisbonne et l’Afrique du Sud. S’appuyant -entre autres- sur le fait que seulement 2,6% d’africains ont accès à l’Internet, le consortium américano-africain table sur deux prérequis :
-  un besoin croissant de capacité large bande,
-  un environnement facilitant le déploiement du projet.
Une fois réalisé Infinity constituera une opportunité d’accès ouvert à tous : opérateurs de télécoms, fournisseurs d’accès à l’Internet (FAI), fournisseurs de services de à valeur ajoutée, ... Le projet est en cours et attend un MoU de la CEDEAO avec laquelle « IWTGC travaille étroitement ». Objectifs déclarés : l’intégration socio-économique des pays d’Afrique de l’Ouest, les centres d’excellence, le soutien client, etc ...
Le NEPAD ainsi que l’UIT ont annoncé leur soutien l’an dernier. L’équipe du projet est solide ; elle attend maintenant ... le financement : 750 M$ pour la 1ère phase de réalisation.
Suite à cet exposé, CSDPTT estime qu’il y a risque de doublon entre le câble sous-marin Infinity projeté et le câble SAT-3 existant et en exploitation depuis trois ans, puisque le parcours et la majorité de sites d’atterrissement sont identiques. Il conviendrait donc de limiter le projet aux besoins de connexion non assurés ce qui permettrait d’économiser une bonne partie de l’investissement qui pourrait être affectée à désenclaver les pays non côtiers et sécuriser le réseau.
ITWGC répond à cette objection qu’elle est une société privée et affirme « nous croyons dans l’entreprise privée » (NdR : mais elle demande un financement public via la CEDEAO). « Nous avons un rêve en tant qu’africains ». La grande différence est l’ouverture (« openness »), l’interconnectivité et l’impact socio politique (sic). (NdR : ces affirmations ne répondent pas à la question posée ...)
CSDPTT ré-intervient pour rappeler des principes essentiels qu’il faut intégrer dans le suivi de la LA C2 : le lien déterminant entre l’énergie et les TIC d’une part, et les synergies entre les réseaux d’infrastructure de diverse nature d’autre part. Il convient donc d’appliquer une méthodologie de synergie inter-réseaux (SIR) dans toute activité de suivi de la LA C2.
APC intervient ensuite pour demander plus de précision sur « l’accès ouvert » et soulève la question fondamentale du financement, rappelée par le rapport du Groupe de Travail sur le financement (GTMF) du SMSI.
Francis Muguet (ENSTA, France) insiste sur les méthodes de travail qui doivent s’appuyer sur le principe d’inclusion réelle de la SC afin de respecter la nature multi-partenariale de nos travaux. Il faut une équipe ouverte, en lien avec le Forum sur la Gouvernance de l’Internet (FGI), bref une coalition dynamique.
Le président demande ensuite les commentaires du document indiquant les grands thèmes de la LA C2 :
CSDPTT regrette le manque d’un thème (et d’un indicateur) clair, relatif à l’infrastructure dans le document soumis par l’UIT. La LA C2 doit s’articuler sur deux pôles : le réseau d’infrastructure proprement dit et l’accès à ce réseau. Et ces pôles doivent constituer chacun une thématique fondamentale.
Un participant s’interroge sur la signification de la « plate-forme virtuelle de financement » tout en se demandant s’il ne s’agit pas d’un néologisme de plus ... De même des termes comme « harmonisation », « projets à grande échelle » manquent de clarté.
Le président rappelle que ces expressions ont résulté de la dernière réunion sur la LA C2 et ne correspondent donc aucunement à l’expression de l’UIT.
Bertrand de la Chapelle qui participe à cette réunion comme représentant du MAE, trouve utiles les remarques d’APC. Il faut clarifier les problèmes et identifier les interactions entre partenaires actifs sur la LA C2 mais aussi sur d’autres. Comment peut-on catalyser le travail dans chaque LA ? Et à la CSTD ? D’autre part et s’agissant du Plan d’action, il demande une re-combinaison (« re-clustering ») des thèmes listés dans le Plan d’action de Genève, pour les canaliser vers les LA. Comme d’autres sous-thèmes ont apparu, comme les sujets mentionnés dans le document soumis et soulevés dans nos travaux, il faut discuter au plus vite de cette « re-combinaison ».
La réunion passe sous la présidence de Madame Sorgho- Moulinier pour examiner la LA C4.
Elle rappelle que cette LA est fortement liée à d’autres thèmes ou problèmes comme l’existence d’un « environnement favorable » (LA C6), l’activité de régulation, la contribution des TIC aux problèmes en relation avec les choix politiques. Il faut donc trouver le meilleur chemin pour avancer sur les LA.
Un participant regrette l’absence de document préparatoire sur ce thème.
Le représentant de l’UIT signale les « ITU Regulatory Tools » qui permettront une migration vers les réseaux de nouvelle génération (NGN) (NdR : il faudra plutôt d’autres instruments basés sur les technologies de réseaux et leur gestion pour fournir aux décideurs des PeD les éléments pertinents leur permettant de s’assurer d’abord de l’utilité d’une telle évolution, et dans ce cas pour réaliser ce passage dans des conditions économiques acceptables pour eux). En outre, l’UIT signale son Symposium annuel sur la réglementation et ses ateliers régionaux organisés sur ce thème, notamment celui intitulé « La réglementation peut-elle aider l’investissement dans les NGN ? ». Il existe en outre une « boîte à outils sur les TIC » élaborée par la Banque mondiale et « ICT Clearinghouse » élaboré conjointement par la BM et l’UIT. Enfin, l’UIT et l’Union européenne ont travaillé sur les politiques TIC et l’accès universel, et leur document a été approuvé par le Sommet de la CEDEAO.
Henry Chasia (NEPAD) demande un cadre permettant la réalisation de réseaux trans-régionaux qui implique non seulement les gouvernements et les régulateurs mais aussi les autres partenaires. Il cite en exemple le Protocole de Kigali qui constitue le cadre légal pour la grande zone est-africaine, et que les parlements nationaux concernés vont adopter (NdR : le Kenya, signataire de ce protocole, a cependant fait cavalier seul pour résoudre à sa manière son problèmes de connexion internationale ; voir les dernières Lettres de CSDPTT). Dans la perspective de l’exploitation des réseaux, les décideurs gouvernementaux et les sociétés développent des instruments appelés « Special Purpose Vehicles » ou SPV avec la Banque mondiale qui finance l’initiative (NdR : encore une formule magique pour promouvoir le financement public pour les sociétés privées ...). Enfin, en Afrique de l’Ouest, un cadre de travail associant l’Agence Française pour le Développement (AFD) et une approche multi-partenariale, concerne le développement des réseaux en Afrique du Nord, Centrale et de l’Ouest.
Susann Schorr (BDT-UIT) aborde le thème de l’accès universel. Il met en œuvre une combinaison d’outils, de technologies et de partenaires différents. L’Union africaine (UA) a défini des objectifs d’accès, où les mobiles et les technologies sans fil contribuent pour une part primordiale. Pour faciliter ces technologies, il faut rendre plus facile l’attribution des licences. Mais alors que les zones métropolitaines risquent la congestion, l’UA soutient de subventionner les zones rurales et demande une allocation adaptée des bandes de fréquence. Un Fonds de l’UA répartira ses ressources. Questions : sur quel critères et à qui ?. Réponse : de préférence aux opérateurs en co-aventure. Cette évolution repose sur « la réforme du secteur » (NdR : euphémisme pour désigner la complète libéralisation des télécoms) et sur des politiques de répartition du spectre. L’accès, considéré comme le problème du « dernier kilomètre » doit aussi focaliser sur le réseau dorsal et les liaisons de collecte.
Bertrand de la Chapelle pense que l’accès universel relève du cadre réglementaire. En effet, les zones rurales sont à la limite de la rentabilité, faute de revenus des habitants. Par conséquent il faut mutualiser les infrastructures et partager les équipements, fournissant ainsi le cadre d’un déploiement de réseaux concurrentiels. Il serait en effet anti-compétitif (sic) de déployer plusieurs réseaux pour desservir ces zones. (NdR : mutualisation est un nouveau néologisme qui aura un bel avenir dans les réunions internationales car il est relativement abscon pour devenir consensuel. En fait notre nouvelle diplomatie transpose dans les infrastructures le principe du « dégroupage » qui a si bien marché dans les réseaux d’accès pour y faire prévaloir les « droits » des nouveaux entrants et imposer la concurrence au plus bas coût pour eux).
Le représentant de la BM souligne que l’initiative Infodev est un programme « multicontributeurs » (« multidonor ») entrepris en coopération avec l’UIT et qui est « significativement » actif dans le domaine de l’accès universel. Au niveau régional, l’infrastructure doit être partagée car elle constituera ainsi un outil nécessaire facilitant la masse critique pour les nouveaux opérateurs à condition que la réglementation soit en phase (sic).
Réponse de la présidente : s’il y a différents projets, chacun n’est pas économique à lui seul. Il faut donc recourir au partage (des infrastructures).
L’UIT considère que le partage (d’infrastructures) est un problème critique en Afrique qui sera en débat au Forum Afrique en juin. (NdR : Quels sont les sujets abordés et quels sont les participants invités à ce « Forum » ?)
La Coalition internationale des chambres de commerce (CCBI), juste derrière moi, remercie la présidente pour cette place accordée à « l’environnement favorable » (sic), et déclare « nous sommes intéressés pour (vous) fournir notre expertise » (re-sic). (NdR : on ne peut être plus clair)
L’UIT signale la réunion avec le secteur privé pour proposer des solution d’accès local à faible coût (NdR : réunion fermée à la SC ...) . Susann Schorr rappelle que les « boîtes à outils » sont prêtes et que la prochaine étape portera sur les ressources supplémentaires nécessaires.
APC mentionne l’interaction entre la communauté des TIC et les groupes impliqués dans le développement au niveau de la SC. Il faut évaluer la place des TIC dans les OMD. Il faut travailler plus efficacement avec le PNUD, car on discerne un degré d’intégration faible des TIC dans le développement, notamment dans les programmes nationaux de réduction de la pauvreté, tout simplement parce que populations préfèrent d’autres usages que ceux liés aux technologies avancées (NdR : Mais aussi parce que ces populations ont d’autres besoins de base comme l’eau, l’habitat, les services de santé et l’électricité.
Se référant à la question soulevée par CSDPTT, le PNUD s’interroge si nous avons besoin de deux câbles à fibres optiques, mais pense que la concurrence est nécessaire pour abaisser les prix (NdR : plus réducteur de la problématique on meurt ! Venant du PNUD on s’attendrait à un constat plus réaliste et non à l’évocation récurrente d’un lieu commun par ailleurs économiquement injustifiable).
Henry Chasia (NEPAD) pense cependant qu’il faut prendre en compte les effets de synergie évoqués par « the frenchman » (NdR = CSDPTT) : c‘est la bonne voie et il faut l’inclure.

A la reprise, un participant africain (Ghana ?) demande que l’on arrête les commentaires de documents pour commencer un travail concret. Le représentant des Etats-Unis apprécie plutôt cet espace de travail. Le représentant de l’UIT rappelle qu’elle utilise les TIC et son Forum ouvert où chacun peut poster de réels projets, ce qui doit inciter d’autres à s’y joindre. Il existe donc différentes méthodes de travail. Pour le PNUD, il n’y a pas de ressources pour passer au stade des actions. En attendant on doit s’interroger ici pourquoi les coûts des services TIC sont si extraordinairement élevés en Afrique.

NdR : Cette « passe d’armes » traduit bien la contradiction de telles réunions qui risquent de s’enliser dans des discussions d’analyse de situations ou de méthodologie sur la meilleure manière de mettre en œuvre les LA, alors que des participants -notamment des PeD et CSDPTT- estiment que cette étape est franchie avec le SMSI et demandent maintenant une entrée dans le concret des projets et leur optimisation dans le cadre des OMD.
Cette réunion montre bien cet apparent immobilisme car la plupart des interrogations (comme celle du PNUD ci-dessus) ont été amplement documentées et en grande partie répondues lors du SMSI.

L’UIT rappelle son processus d’inventaire et le « Groupe vertical » sur la LA C2 créé l’an dernier, et exhorte les partenaires à y rendre compte de leurs projets.
Un participant (secteur privé ?) pense qu’ici il faut partager l’information sur la mise en œuvre des LA. Il faut donc clarifier le rôle de leurs facilitateurs, sachant que les différents partenaires constituent autant de leviers pour l’action. Nous devons donc échanger nos vues (sur ces problèmes) au lieu d’entreprendre des actions.
APC rappelle d’une part qu’il y a les activités intersessionnelles, et d’autre part la réunion d’aujourd’hui. Celle-ci doit permettre d’échanger les informations sur les questions fondamentales pour les différentes LA. Il rappelle en exemple les propositions de Bertrand de la Chapelle (re-combinaison des thèmes et prise en compte de sous-thèmese pour les LA).
Le PNUD évoque ensuite le thèmes de la formation -pardon : capacity building !- pour mentionner la nécessité de réseau « peer to peer ». Il note à cet effet l’engagement avec les partenaires actuels tels que l’Union Africaine (UA) notamment sur le partage des infrastructures et du financement constitue un mode de processus utile.
La BM demande de regarder bien au-delà de la formation. « Le défi est dans le champ de la compétition » (NdR : Il y a là une autre ambiguïté linguistique anglaise car ce terme -competition- signifie aussi concurrence !). Ce défi soulève donc des problèmes de réglementation. (NdR : C’est vraiment un dogme obsessionnel que la BM nous sert depuis le début du SMSI....). « Nous avons tous (sic) un rôle à jouer dans les problèmes de réglementation ».
L’Argentine revient sur la formation et rappelle que l’ONU la soutient dans les PeD. Cette LA constitue une priorité de premier ordre. Il faut promouvoir des projets régionaux notamment avec l’UIT. La réglementation peut jouer un rôle dans la recherche de ressources d’investissement.
Un représentant du Bengladesh ( ou Parminder de l’ONG ITforChange, Bengladesh ?) lie la formation à l’accès (aux réseaux TIC). L’aspect réglementaire concerne alors le monopole des télécoms Il faut élaborer un livre des « meilleures pratiques » qui contiendrait notamment les propositions de CSDPTT sur les liens entre énergie et TIC et leurs solutions. Au Bengladesh, des solutions aux problèmes de l’énergie sont testées, comme le terminal villageois qui reçoit et distribue les messages aux destinataires par une bicyclette ; celles-ci sont aussi capables de recharger les batteries des terminaux. Il faut aussi utiliser au maximum les ressources (de réseau et de services) existants.
La Tunisie demande pourquoi s’interroger sur les priorités. Aucune LA n’a de priorité à l’exception de la LA C2, car sans infrastructures il n’y a pas de TIC. Il faut donc travailler dans toutes les LA au même moment avec la même importance. ( ???)
Bertrand de la Chapelle revient sur la terminologie anglaise de « Capacity building » (CB) et rappelle qu’il inclut la formation (« training »). C’est un -parmi d’autres- des néologismes nés pendant les quatre ans du SMSI, comme « la gouvernance de l’Internet ». Il propose donc de décomposer en ses divers constituants (« topics ») le domaine du « CB ». (NdR : On peut s’interroger sur la valeur de l’adoption unanime par les gouvernements d’un thème si abscons que deux ans après la fin du SMSI il faille « le décomposer en éléments premiers » afin d’en avoir une certaine compréhension !). En termes de procédures il note qu’il y a différentes réunions et qu’il appartient à celles-ci de s’interroger sur leur utilité (« purpose »). Il y a des problèmes de réseau(x), mais il y a la possibilité d’organiser des ateliers et des sessions d’orientation qui peuvent apporter des solutions. Il faut être constructif.
Un représentant du secteur privé (groupement européen ?) soutient l’idée d’ateliers spécialisés. L’industrie de formation aux TIC (sic) existe et est en train de certifier des gens à travers le monde. Sur l’éducation et la formation construisons des agrégats (« clusters »). Le « CB » couvre tout et notamment les aspects réglementaires. « Nous formons vingt millions de personnes dans la « workforce européenne », y compris des personnes handicapées. Le multipartenariat est crucial pour progresser. Jusqu’ici la tradition (sic) considérait surtout le secteur public. Mais « nous ne pouvons pas continuer dans cette voie ». Constituons quelques agrégats et nous aiderons à co-faciliter leur implémentation pour développer une « workforce ». (NdR : cette intervention « de l’industrie de formation » est révélatrice de l’évolution de ce secteur fondamental de l’activité humaine vers la marchandisation du savoir. On notera qu’aucune organisation internationale présente n’y a apporté la moindre critique)
Le Ghana soutient l’Argentine pour considérer la formation comme la priorité majeure. Il soutient une politique nationale des TIC qui doit évoluer du secteur public « vers le nouveau paradigme » (sic). Ce qui permettra de mettre en œuvre les programmes d’infrastructures en associant les autres partenaires. (NdR : Le Ghana est décidément « l’élève-modèle de la BM et soigne cette image de marque).
La Tunisie soutient l’idée de Bertrand de la Chapelle d’approfondir la composition des LA et de disposer de quelques Sous-LA. Il propose d’établir quelques LA, ainsi qu’une matrice des relations entre différentes LA et en déduire un nouveau Plan d’action selon une approche conjointe. (NdR : Etonnante proposition qui reviendrait à recommencer en partie le Sommet de ... Tunis. Quant à la matrice elle est déjà dans un document de l’UIT, remis aux participants).
CSDPTT veut recentrer le débat sur les priorités en termes de formation dans les PeD. Une procédure d’urgence doit être appliquée aux institutions de formation, notamment supérieure et technique, qui existent en Afrique et souffrent de sous-équipement faute d’un minimum de ressources et qui voient leurs meilleurs éléments -un potentiel ultra-précieux- émigrer pour acquérir une formation. Il y a par ailleurs un fort potentiel d’enseignement et de formation -y compris en TIC- dans la diaspora africaine qui est disponible et qui pourrait ainsi trouver un milieu digne et mis à niveau pour transmettre à leurs plus jeunes compatriotes leur savoir et leur expérience. Ces enseignants devraient être encouragés et soutenus dans une telle initiative.
Le l’ONG de la diaspora africaine « Village Suisse » regrette de ne pouvoir participer pleinement à nos débats du fait de la barrière linguistique imposée par l’usage exclusif de l’anglais. Il demande que le français -au moins- soit systématiquement utilisable afin de permettre un réel dialogue entre le maximum de partenaires.
La présidente résume les débats et note que les propositions de CSDPTT sont appropriées pour nos travaux, notamment la contribution d’africains dans le « Capacity Building » au lieu de recruter à prix fort les intervenants étrangers. La LA qui lui est dédiée (LA C4) impacte l’ensemble des LA, et c’est aussi le cas de la LA « Créer un environnement favorable ».

Table ronde

Elle a lieu l’après-midi. A l’exception de l’intervention de Charles Geiger (voir ci-dessous) elle fut plutôt un non-événement.
Charles Geiger, conseiller auprès du Directeur de la CSTD, a tenu à l’introduire.
Le mandat confié par l’ECOSOC (Conseil économique et social des NU) lors de sa plénière (Genève, juillet 2006) à la CSTD était d’assurer le suivi du SMSI. Mais comment ? Sur le plan de la procédure formelle se pose la question : comment la CSTD peut-elle avoir accès à l’information et qui va la traiter, vu que seules trois personnes sont chargés de ce suivi. Quant au compte-rendu des événements, il est limité au factuel. Il y a donc besoin de contributions (inputs) venant des divers facilitateurs tels l’UIT, l’OIT, L’UNESCO, ....
Quant aux LA, elles ne comportent pas seulement des processus et objectifs à mettre en œuvre, mais aussi des recommandations d’ordre politiques. Or, l’Agenda de Tunis ne les précise aucunement.
Il faudra donc des mécanismes de compte rendus formalisés que les gouvernements ne manqueront pas de demander la semaine prochaine.
En outre, il n’existe pas de secrétariat propre pour le processus de suivi, et la mise en œuvre des objectifs est distribuée dans les diverses LA. Le mandat de la CSTD se limite au suivi de ces LA.
Nos réflexions sur les LA2, 4 et 6 devront déboucher sur des recommandations claires à la CSTD pour le futur.
NdR : Ce discours a le mérite de la franchise et du réalisme et on peut en féliciter son auteur . Il devrait inciter la société civile à s’interroger sur l’atteinte des objectifs que s’est fixé le SMSI -et sur leur indispensable contribution aux objectifs de la Déclaration du Millénaire (OMD)- dans les conditions actuelles décrites par M. Geiger. Mais au-delà aussi, d’exiger une rapide adaptation de la structure de la CSTD et le renforcement significatif de ses moyens, en personnel comme en ressources financières, faute de quoi les objectifs -pourtant minimaux et peu contraignants- que le SMSI s’est fixés, ne pourront être atteints. Si elle ne réagit pas, la CS aura œuvré pendant des années en vain et se déconsidérera auprès de tous ceux qui ont placé leur espoir dans leur engagement.
Jean-Claude Faure (Département des Ressources Humaines, BDT-UIT) intervient ensuite pour rappeler l’activité de l’UIT en termes de formation (« capacity building ») et déclarer que les LA C2, C4 et C6 exigent dans cette activité « un plus large spectre ». Il distingue trois domaines : la formation à vocation opérationnelle, les sessions de formation thématiques et le « re-engineering » ou la (préparation à) la restructuration des régulateurs et des opérateurs. Il ajoute l’initiative des Centres d’Excellence qui bénéficie du soutien de la Commission Européenne (financement), ainsi que la mise à disposition d’outils pour la formation à distance (e-learning), signalant que la plate-forme de l’UIT est téléchargeable. Ses thèmes : les ressources humaines, la réglementation, la gestion du spectre, la gestion commerciale , les aspects politiques (sic), la sensibilisation technologique. Enfin, il fait part de trois projets. D’abord celui des Centres d’excellence, en place depuis 8 ans et qui est poursuivi en fonction des partenariats ; il devrait atteindre ainsi quelques milliers de centres associant l’enseignement face à face et à distance. Ensuite le projet ITC-i d’une durée de cinq ans qui aboutit à la mise en réseau de 76 centres dont le contenu technique intégrera d’autres aspects comme l’essaimage de petites entreprises. Le troisième est soutenu par le Canada et vise la formation de 4 300 personnes.
NdR : Cette énumération laisse miroiter une panoplie d’activités très riche ... mais elle est entièrement soumise au financement « extérieur » à l’UIT pour cause de manque de ressources propres, et donc largement « encadrée » y compris dans ses contenus, par les concepts et priorités des « partenaires » (entendez : ceux des sociétés privées qui financent les projets).
Henry Chasia présente l’activité du NEPAD dans la LA examinée (LA C4). Un programme prioritaire consiste à équiper 600 000 écoles africaines en vue des formations mettant en œuvre les TIC. Il précise que ce programme comporte un volet de formation des formateurs(enseignants) et qu’il devrait résulter d’un partenariat avec le secteur privé. Il sera mis en œuvre au niveau de chaque pays par des Agence nationales de mise en œuvre. En principe, la connexion des écoles se fera via satellite et le coût de fonctionnement prévu annuel est de 600 000 $. Cinq consortia sont en lice comme « partenaires », dont Cisco et Microsoft.
Un représentant d’une société européenne qui donne dans le commerce de la formation et des outils « éducatifs », est enthousiaste de cette vison continentale de l’éducation, pardon du « capacity building » associée au secteur privé. « Il y a un vaste espace pour de nouvelles idées » dit-il en prévenant l’auditoire qu’ « il ne faut pas réinventer la roue ». En effet, ces cinq consortia sont aussi impliqués en Europe et Cisco assure la présidence du Directoire des industriels partenaires (sic). « Beaucoup d’argent a été investi, ... nous disposons de l’information, et connaissons un ensemble d’incitations (pour décider les décideurs) .... nous n’avons aucune limitation quant au nombre de personnes à former ... si vous avez besoin de schémas financiers faites-nous le savoir ». Enfin, il ose la question fondamentale : « quel est le budget de ce projet et d’où provient-il ? ».
CSDPTT pose la question du coût de fonctionnement annuel très élevé, qui exige ( ?) un accord avec le secteur privé pour le financer. Il est en grande partie imputable au raccordement par voie satellitaire annoncé comme un principe. Or une partie importante des écoles est en milieu ou en périphérie urbains, donc souvent à proximité du réseau terrestre. Leur connexion à celui-ci serait infiniment moins coûteuse. Le NEPAD serait donc bien inspiré de dresser un inventaire complet sur ces possibilités. En outre, un projet d’une telle ampleur devrait relever des autorités gouvernementales et non du secteur privé. A ce titre l’UIT devrait jouer un rôle de concepteur et de coordinateur. Mais l’UIT n’en a plus les moyens car les Etats riches et surtout le secteur privé ont refusé de relever -même symboliquement- leur cotisation annuelle lors de la Conférence des Plénipotentiaires en novembre 2006. Ainsi le secteur privé a-t-il pris possession du domaine !
Le président Behdad reprend la discussion en rappelant que l’UIT identifie les projets auxquels chacun peut accéder pour s’informer de leur contenu y compris des questions de financement. De même la Commission européenne joue un grand rôle dans l’harmonisation (des projets ?) en Afrique sub-saharienne et dans les îles du Pacifique. Il en est ainsi pour la connectivité en large bande en Afrique qui est « un problème majeur » et qui « amène les grands acteurs mondiaux en Afrique ». Aussi, l’UIT organisera-t-elle cet automne une réunion de l’ensemble des acteurs concernés qui devra identifier les zones qui manquent de connectivité TIC. Il rappelle que la réunion de la veille entre le NEPAD et l’UIT, était très fructueuse et a conduit à intégrer les projets du NEPAD dans ceux de l’UIT.
Le délégué du Ghana souligne le « fossé du financement » pour la mise en œuvre des infrastructures TIC indispensables sur le continent, même s’il constate que certains pays se sont dotés d’un fonds national à cet effet. Il s’interroge sur les sources disponibles.
Réponse de M. Behdad qui confirme la place de l’UIT dans la LA C2 notamment pour l’Afrique, et note la forte implication de la Banque mondiale et de l’Union Européenne, et donne plusieurs projets en exemple (notamment à base de câbles sous-marins).
CSDPTT se félicite de ce retour à ses fondamentaux de l’UIT, concrétisée par la réunion qu’elle organise en Afrique pour harmoniser les projets d’infrastructures TIC, annoncée par M. Behdad. C’est ce que demande CSDPTT depuis des années en exigeant en particulier une mise à plat de l’ensemble des projets, et le regroupement de ceux d’entre eux qui permettent de réaliser aux meilleures conditions -notamment en termes de coûts d’investissement et de fonctionnement- un véritable réseau d’interconnexion africain (RIA). Il y a urgence, car rien que sur la côte Est de l’Afrique CSDPTT a relevé quatre projets de câbles sous-marins se recouvrant plus ou moins, alors que certains pays n’ont même pas (ou plus) une simple artère dorsale nationale pour relier les villes les plus imortantes ou pour accéder au réseau international. Cependant, à côté des infrastructures il faut veiller à inclure les réseaux d’accès dans nos réflexions car la LA C2 ne les évoque guère.
Un autre participant plaide pour « un accès ouvert » à ces futures infrastructures car il permet aux opérateurs alternatifs de s’y raccorder et donc de baisser les tarifs des communications (sic).
Le président Behdad clôt cette Table ronde en résumant les problèmes principaux auxquels on répondra par un regroupement (reclustering) des questions essentielles des LA C2, C4 et C6 pour trouver la solution appropriée.

Conclusion pour CSDPTT
Cette réunion n’a guère fait avancer l’activité dans les LA C2, 4 et 6 et -hormis la participation de l’ONG transnationale APC comme co-modérateur de ces LA- aucun modérateur thématique n’a été désigné. L’UIT campe sur ses positions en acceptant toutefois de « remettre à plat » un ensemble de projets et en coordonnant la réflexion vers une meilleure prise en compte des infrastructures. Il reste une grosse lacune pour ce qui concerne les réseaux d’accès et on peut y subodorer que l’on demandera aux réseaux mobiles d’en assurer la fonction. Car on répète à satiété que les communications mobiles constituent la vraie « succès story » africaine. Un bon nombre d’analystes ( ?) vont jusqu’à dire que l’Afrique sera sauvée par les mobiles. Alors pourquoi ne pas en profiter ? CSDPTT n’y est pas opposé, à condition de les considérer complémentaires avec le réseau fixe, partout où celui-ci est présent et notamment dans les vastes zones urbaines et péri-urbaines, pour trouver des solutions adaptées à la problématique importante et urgente de l’accès au réseau. Seule une telle démarche permettra d’offrir des tarifs plus supportables aux utilisateurs africains.
S’agissant de la problématique de la formation, toute aussi importante et urgente, on n’a entendu que les réponses et propositions -intéressées, cela se comprend- du secteur privé. Aucun représentant de pays (il n’y avait même pas une dizaine) n’a formulé une réponse en termes de politique nationale, ni aucune organisation internationale -UIT en tête- n’a proposé une réflexion en ce sens. L’éducation en Afrique sera donc largement « prospectée » et conditionnée par les sociétés de « e-learning ». Les instituts de formation supérieurs (comme l’ESMT de Dakar par exemple) seront soit vidés de leurs étudiants attirés par les « académies Cisco », ou peu à peu « prises en main » par les grands groupes, parmi lesquels le même Cisco se taille la part du lion.
A quand alors un grand dessein -le réseau d’interconnexion africain- et une grande cause -l’éducation de la jeunesse africaine- seront-ils enfin conçus par et pour les africains ? Une partie de la société civile pensait que le SMSI devait en fournir l’opportunité. Il est grand temps de s’y atteler !

Jean-Louis Fullsack
Représentant de CSDPTT au SMSI