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Simputer : Simple Inexpensive and Multilingual comPUTER

jeudi 22 mars 2007, par Bruno JAFFRE

Cet article est extrait du livre "Télécommunications entre Bien Public et marchandises". La présentation du livre se trouve à l’adresse http://csdptt.org/article388.html. Vous trouvez aussi à l’adresse http://csdptt.org/article391.html, deux interviews sur la génèse du livre.


L’Inde de 2004 et ses 700 millions de ruraux sur un milliard d’habitants, est une des premières nations du globe dans le domaine de nouvelles technologies.

À côté de ce constat flatteur, un tiers des citoyens indiens est analphabète et le pays ne compte que 42 millions de lignes téléphoniques fixes (même si le nombre de téléphones portables a dépassé ce chiffre en septembre 2004).

Le contraste est frappant entre Bengalore, la Silicon Valley indienne, 4ème centre mondial en R&D dans les technologies de l’information et de la communication, et les campagnes où les suicides de paysans se multiplient et où des milliers d’Indiens meurent chaque année du paludisme et de tuberculose.

De ces deux extrêmes est né le Simputer (Simple Inexpensive and Multilingual comPUTER), en son temps nommé l’ordinateur du pauvre.

Croisement entre les possibilités de la haute technologie indienne et les besoins des plus déshérités, le Simputer se présente comme un ordinateur de poche et s’utilise au moyen d’un stylet et d’un écran tactile. Il est doté d’un synthétiseur vocal, qui doit permettre à des analphabètes de l’utiliser.

Développé sous licence libre (la Simputer GPL dérivée de la GPL), avec des interfaces simplifiées, le Simputer fonctionne sous Linux et de nombreux autres logiciels libres.

Cette licence, la SGPL, permet à tous de récupérer les spécifications techniques de l’appareil et de développer sa propre version, améliorée si besoin. Seules restrictions imposées par la licence, la commercialisation est soumise au paiement d’un droit d’entrée variable selon le pays d’origine, et les améliorations doivent être communiquées à la fondation Simputer pour dissémination.

Symbole du rapprochement entre les deux services publics que sont la poste et les télécommunications, la poste du Bhoutan teste depuis fin 2003 l’usage du Simputer pour un service d’email à domicile. Les facteurs équipés de cet appareil distribueraient aux personnes ne disposant pas d’ordinateurs des messages textes, vocaux ou images, et leur permettraient d’accéder à des informations spécifiques et utiles. Au-delà de cette utilisation, la disponibilité de ce type d’équipement ouvrirait la porte à des usages collectifs, liés à la santé publique ou à la collecte d’informations diverses.
Au Nigeria, la fondation Fantsuam et Encore Technologie (une compagnie indienne) travaillent sur un projet d’utilisation du Simputer dans des projets de micro-finance et liés à la santé.

Sources :
- Union Postale Universelle 2004
- Edward Cherlin - Encore Technologies Ltd

Alain Roblin Demont