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Point de vue : Développement durable et entreprise citoyenne.

Point de vue : Développement durable et entreprise citoyenne.

Il y a quelques années ou quelques mois, pour être dans le coup dans les salons, on devait pouvoir discourir sur la démarche qualité, Internet, la mondialisation, etc... Aujourd’hui, pour paraître « in », il vous faut parler « développement durable et entreprise citoyenne ». Peut-être ne vous en êtes vous pas aperçu ! Mais, si vous êtes dans une entreprise «  moderne », elle donne déjà dans le « développement durable » et elle est « citoyenne ».
Comme il est particulièrement dangereux de le dire sans le faire ! Elle le fait sans le dire, tout en donnant à comprendre qu’elle le fait. Seules le donnent à croire sans le faire véritablement, des entreprises malhonnêtes que vous ne connaissez évidemment pas ! Donc, pour que vous compreniez bien ce qui se fait déjà, ou ce qui se fera demain dans notre société occidentale et dans toute bonne entreprise, voyons de quoi il s’agit !
Que trouve-t-on dans cette auberge espagnole ?

Qu’est ce que le développement durable et la responsabilité sociale pour une entreprise ?
Cette nouvelle idéologie est à priori, apparue pour la première fois en 1987 dans un rapport de l’ONU intitulé « Répondre aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Dixit, les maîtres de cette nouvelle école, « C’est une conception renouvelée du développement ». En 1987, certains penseurs Onusiens, ont re-découvert que le développement d’une entreprise est durable, si ses responsables trouvent et conservent un équilibre entre trois ensembles de contraintes :
· Les précautions environnementales
· L’équité sociale
· L’efficacité économique.
Ne souriez pas, c’est une évidence qui n’apparaissait pas à tout le monde puisque :
· Ce n’est qu’en 1989, deux ans après le rapport de l’ONU, suite aux « problèmes » causés par l’échouage de L’Exon-Valdez en Alaska, que les Etats Unis ont véritablement pris conscience de l’intérêt de ce «  nouveau concept » et que depuis, Busch a accepté les accords de Kyoto (Non ! Bon et bien, cherchez l’erreur !)
· Ce n’est que treize ans plus tard, en 2000 que l’Europe, après avoir mûrement réfléchi, s’est « précipitée » dans la brèche lors d’un conseil européen à Lisbonne. Et que l’OCDE et l’OIT ont, eux aussi, pris en compte les questions liées au développement durable et à la responsabilité sociale des entreprises, en particulier pour les entreprises multinationales.
En ce qui concerne le concept d’entreprise « citoyenne  », toutes les civilisations ou sociétés sont censées l’avoir appliqué dans leur phase hégémonique. Seul varie d’une époque à l’autre le nombre de personnes à en avoir profité. En ce qui concerne le concept d’entreprise «  durable », il s’agit de l’habillage moderne de concepts et valeurs existants depuis un certain nombre d’années pour ne pas dire de siècles dans des civilisations non-occidentales.
Tout le problème est donc de savoir si les entrepreneurs vont construire des entreprises expansionnistes, jetables ou durables. Pour aider les responsables d’entreprise à prendre leur décision, il faut savoir qu’aujourd’hui aux USA, en France comme dans d’autres pays « riches », une masse importante de capitaux, s’investissent dans les entreprises « durables ». Ces capitaux sont les «  fonds socialement responsables ».
Exemples :
· Aux USA un dollar sur 8 est investi sur la base de ces critères soit 2 000 Md$ (ce qui fait dire aux mauvais esprits que le montant investi peut justifier de l’intérêt des valeurs sociales sous tendues par le discours ).
· Depuis le 15 mai 2001, en France, le rapport aux actionnaires comprend également des informations sur la manière dont la société prend en compte les conséquences sociales et environnementales de son activité.
Mais, petit problème, comme depuis 1987, la majorité des entreprises sont devenues « durables et citoyennes » ou sont en passe de le devenir, comment les comparer entre elles sans norme de référence.
Dit autrement, le mètre étalon des entreprises « durables » n’est toujours pas sorti du pavillon de Sèvres.
Donc, en admettant que l’entreprise X et l’entreprise Y font dans le « durable » comment quantifier l’appréciation de la chose pour justifier de l’investissement sur X ou sur Y.
Faute de comparatifs quantifiables, si elle s’est dotée d’une bonne communication, toute société ou toute entreprise appliquant les « règles » ou semblant les appliquer peut prouver qu’elle est socialement responsable et respectueuse de son environnement dans le cadre d’un développement économique harmonieux.
Quoiqu’il en soit, en attendant de concrétiser les premiers concepts avec des instruments de mesures, nos politiques et certains philosophes poursuivent leur réflexion. Ainsi, d’un point de vue national (cocorico) et international, un certain nombre de projets sont conduits sur ces concepts pour élargir la responsabilité de l’entreprise car nous sommes tous concernés, tous acteurs. (CF. sur la mondialisation « Info-riches » ou « Info-pauvres  » Et si l’on questionnait la mondialisation marchande ? du 6 juin 2002)
Nous devons apprendre à respecter les droits humains, autant ceux dus aux Hommes du présent que ceux dus aux Hommes du futur. Et, si l’on veut que des entreprises durables acceptent une responsabilité sociale, nous devons nous même chaque jour veiller à ce que notre petite entreprise personnelle soit « durable et citoyenne ». Après, nous pourrons commencer à critiquer. Et, pour vous faire travailler un peu, vous aussi, voici un petit exercice !
Comment traiter internationalement le respect des droits « humains » sur les chaînes de production quant on sait que les Hommes sont loin d’avoir les mêmes droits et les mêmes valeurs d’une région à l’autre ? Quant on sait que pour survivre certains enfants préféreraient pouvoir travailler à la chaîne plutôt que d’aller chercher leur pitance dans des mines de sel, sur les décharges publiques de grandes métropoles ou être à l’écoute de certains touristes.
Si vous êtes à cours d’exercices, j’en ai d’autres du même mauvais goût pour ceux qui subissent. Ne nous y trompons pas, hormis les abrutis, nous disons tous que nous voulons construire une civilisation « durable » et « citoyenne ». Mais, sommes-nous capables de le faire, de passer des concepts aux actes ? Lorsque je, non, nous découvrons que ces concepts nous obligent chaque jour à remettre en cause nos idées reçues et notre confort, sommes-nous toujours prêts ? Lorsqu’on constate que DIEU lui-même semble ne pas avoir su être équitable entre CAIN et ABEL, serons-nous capables de faire mieux  ?
Je ne dis pas, surtout pas qu’il faille renoncer, mais en ce qui me concerne ce n’est pas toujours brillant ! Lorsque je vois la gueule que je fais quand je manque d’eau pour arroser mes rosiers ou laver ma Mercedes, vous parlez d’un citoyen du monde... Non, pour moi, l’exercice est particulièrement difficile, si je veux que ma société, mon entreprise soit durable et citoyenne, il faut que chaque jour, je sois « durable et citoyen ». Il ne faut pas que je tombe sous le charme des beaux parleurs ou dans la facilité. (Là, en me relisant, je ne vois plus à quel caviar pleurnicheur je fais allusion !)
Ah ! que de choses à préserver, développer pour nous, nos amis, nos voisins, nos enfants, et leurs enfants et surtout pour des gens que nous ne connaissons même pas que l’on ne verra jamais ! Leurs valeurs sont-elles nos valeurs ? Ont-ils raison ? Avons-nous tort ? Plus de questions que de réponses.
Mais avons-nous le choix ?
Ah ! Au fait, pour revenir plus terre à terre, d’après le journal La Tribune du 12 mars 2002, Suez, Lafarge, Vivendi Environment, EDF, SEB, etc. seraient des entreprises françaises « durables et citoyennes ». Et rassurez-vous, si celles ci ne vous suffisent pas, il en existe d’autres... Et, je suis certain que comme moi, vous connaissez et peut-être appartenez à des entreprises qui, sans le savoir, en tout cas sans le dire, depuis des siècles, furent, sont et restent « durables et citoyennes ». Même si parfois quelques coucous ou quelques merles siffleurs en ont occupé le nid. Nous devrons y veiller. C’est aussi cela être « durable et citoyen ».
En résumé, l’entreprise qui donne dans le "durable et citoyen" est une entreprise qui associe le vivable, le viable et l’équitable. C’est comme le disait mon banquier une entreprise qui recherche l’efficacité économique et l’équité sociale tout en exploitant son environnement en père de famille. Maintenant, si comme moi, vous considérez la mise en œuvre de ces concepts beaucoup trop ardus et stressants, deux possibilités s’offrent à vous :
· Jouer sur les normes, l’équitable ou le vivable ne peuvent-ils être réduits à leur portion congrue ? Le viable est-il utile ?
· Lire les journaux de ces derniers jours, et vous constaterez que nous ne sommes pas obligés de nous appliquer ce que l’on demande aux autres !
Ah au fait je vous parie que nos futurs fonds de retraite seront des fonds socialement responsables qui seront investis dans des entreprises durables et citoyennes. Pendant ce temps le quart monde continue de crever de faim...et les beaux discours donnent bonne conscience  !
Sincèrement, si c’était pour en arriver là, notre ami commun aurait mieux fait de me laisser continuer à dormir dans mon fauteuil. Au moins, je rêvais de choses plus importantes, la France avait gagné la coupe du monde de football 2002. C’était du « durable », les journaux l’avaient écrit. Paf ! Au réveil, je me retrouve avec une équipe « jetable  » et une bourse envahie par de méchants spéculateurs. Mais, c’est moins grave que pour les paysans de Cote d’Ivoire qui ont utilisé les pesticides américains. Alors qu’oubliés, ils espéraient devenir « durables », ils ont muté et sont devenus jetables  !

CESARIN  Pseudonyme d’un cadre supérieur de la Poste.
 


 

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